Agriculture in Sudan
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2026-01-05 SCORE 6/10
Document original ↗Synopsis
Ce document présente le contexte agricole soudanais et une mobilisation paysanne d'urgence face aux destructions de la guerre d'avril 2023. Le Soudan dispose de ressources foncières massives (200 millions d'acres) et une population à 80% dépendante de l'agriculture, mais le secteur est paralysé par des politiques néolibérales : privatisations, accaparement des terres par des investisseurs étrangers (7 millions d'acres loués pour jusqu'à 99 ans), et impossibilité d'accès aux intrants agricoles. Le projet Gezira-Managil, autrefois le plus grand projet agricole du monde (2,3 millions d'acres, 130 000 fermiers, 4,5 millions de personnes concernées), a été gravément détérioré par les restructurations privatisantes de 2005.
En réponse à la destruction de guerre, l'Alliance des Agriculteurs de Gezira et Managil a lancé en janvier 2025 la campagne « We Must Sow » (Il faut semer) avec quatre objectifs : défendre la terre, combattre la faim, préserver les infrastructures restantes, et traiter les effets psychologiques de la guerre. Cette campagne représente un tournant décisif : elle pivote d'un modèle d'agriculture intensive dépendante des intrants coûteux vers une agriculture vivrière sans intrants fondée sur les jardins potagers familiaux, l'élevage de volailles et le biogaz.
En phase 1 (janvier-avril 2025), le mouvement a mobilisé 2 540 familles dans 42 villages couvrant 9 sections, touchant 20 000 personnes. L'organisation repose sur des comités villageois pour le recensement, l'achat et la distribution de semences, la formation paysanne et le soutien aux femmes et aux jeunes. La phase 2 (août-décembre 2025) prévoit 10 000 jardins potagers familiaux, la restauration des canaux d'irrigation, la création de pépinières, de coopératives de formation, et une banque de semences communale.
Le texte porte implicitement trois enjeux politiques majeurs : (1) le « droit à la terre » est vital et non négociable ; (2) l'accaparement des terres par les investisseurs étrangers est un enjeu de souveraineté alimentaire et d'indépendance ; (3) la reconstruction paysanne collective constitue une alternative politique concrète aux modèles d'agriculture industrielle et de dépendance aux institutions internationales. C'est un document de mobilisation urgente qui documente comment une paysannerie en crise reconstruits son autonomie alimentaire et sa capacité d'action collective face au néolibéralisme agraire.
En clair
Les paysans soudanais se mobilisent collectivement pour récupérer le droit de cultiver leurs propres terres et nourrir leurs familles, après que la guerre a détruit tout, en refusant de dépendre des investisseurs étrangers et des engrais coûteux. Ce texte montre concrètement comment une organisation paysanne de base peut reconstruire l'indépendance alimentaire et reprendre le contrôle de la terre face au pillage néolibéral.
Extraits
Selon la FAO, 7 millions d'acres (≈ 2,8 millions d'hectares) ont été loués à des investisseurs étrangers pour des périodes pouvant aller jusqu'à 99 ans.
Plus de 80% de la population soudanaise dépend de l'agriculture, qui forme la base de l'économie nationale
Combattre la faim en fournissant de la nourriture.
Défendre la terre.
Le droit à la terre est vital et la campagne 'We Must Sow' représente une façon alternative de relancer l'agriculture
Privatisation et restructuration en vertu de la loi de 2005, conduisant à la détérioration du projet.
a commencé avec l'agriculture sans apports externes et l'agriculture domestique (potagers familiaux)
Accès difficile aux intrants agricoles, Manque de conseils agricoles, Augmentation des impôts et des frais
le succès dépend de l'effort collectif de tous les Soudanais du monde entier.
Formation des coopératives