UGANDA: family farmers building resilience for adaptation to climate change
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2018-05-23 Adobe PDF Library 15.0 SCORE 6/10
Document original ↗Synopsis
Ce rapport, commandé par La Via Campesina Afrique de l'Est et du Sud, analyse comment les petits paysans familiaux ougandais s'adaptent au changement climatique face à des contradictions majeures au niveau politique. L'Ouganda est un pays où 81 % de la population vit en zone rurale et l'agriculture constitue 22 % du PIB, employant 72 % de la main-d'œuvre (77 % femmes). Ces paysans produisent principalement sur une base de subsistence (bananes, cassava, maïs, etc.), bien que seul un tiers des terres cultivables soit effectivement utilisé. Le contexte est marqué par une extrême vulnérabilité : malgré des progrès initiaux contre la pauvreté, pour trois Ougandais sortis de la misère, deux y retombent. Cette fragilité est directement liée à la dépendance vis-à-vis des conditions climatiques—entre 1993 et 2013, 79 % des gains de réduction de pauvreté chez les ménages agricoles provenaient simplement de bonnes récoltes et de prix favorables. Une inégalité de genre systématique double ce problème : bien que 70 % des femmes travaillent l'agriculture, moins de 20 % contrôlent les productions et revenus de leurs efforts. Face à cette réalité, le gouvernement ougandais a adopté une stratégie de « transformation » de l'agriculture paysanne vers une agriculture commerciale « moderne », profitable et compétitive, via la mécanisation, l'irrigation industrielle, les semences « améliorées » et l'intégration aux chaînes de valeur globales. Or, le rapport montre que cette vision top-down entre en contradiction avec les pratiques concrètes de résilience que les paysans eux-mêmes mettent en place au niveau communautaire face aux sécheresses prolongées, aux ravageurs et à l'érosion des sols. L'enjeu central est celui d'une tension entre souveraineté alimentaire locale et intégration à une économie agricole mondialisée, médiatisée par le rôle des organisations paysannes (La Via Campesina, ESAFF-Uganda, Africa Contact) comme porteurs d'une contre-narrative.
En clair
Ce rapport montre comment les paysans ougandais, surtout des femmes, s'adaptent à la sécheresse et aux changements climatiques en construisant leur propre résilience au niveau local. Mais le gouvernement, lui, voudrait les transformer en agriculteurs commerciaux branchés sur le marché mondial—c'est un combat entre deux visions : celle des paysans qui veulent nourrir leurs familles et garder du pouvoir sur leurs terres, et celle de politiques qui veulent une agriculture rentable et compétitive.
Extraits
bien que 70 % des femmes soient engagées dans l'agriculture, moins de 20 % contrôlent les produits et les revenus de leurs efforts
pour trois Ougandais qui sortent de la pauvreté, deux y retombent et 43,3 % des Ougandais vivent toujours dans des ménages vulnérables
Les petits exploitants qui produisent la plupart des cultures et du bétail sur une base de subsistance le dominent.
Transformer le secteur de l'agriculture de subsistance à l'agriculture commerciale
l'inégalité des genres persiste et les femmes font face à une discrimination systématique dans l'accès aux opportunités économiques et à la propriété des actifs
seul un tiers des terres arables du pays est cultivé