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La Vía Campesina — publications (WP REST) 2024-09-16 Adobe PDF library 17.00 SCORE 8/10
Document original ↗Synopsis
La Via Campesina est un mouvement international paysan regroupant environ 200 millions de paysannes, paysans, travailleur·ses sans-terre, peuples autochtones et communautés rurales au sein de plus de 180 organisations réparties dans 80 pays sur les cinq continents. Cette brochure de présentation expose le cœur du programme politique du mouvement, organisé autour de plusieurs axes centraux à la lutte pour la libération foncière.
Le mouvement défend d'abord une agriculture paysanne autonome, fondée sur l'agroécologie et les savoirs locaux, contre la monoculture, les transgéniques et les pesticides. La souveraineté alimentaire en est le cœur : pas seulement un droit individuel, mais un droit collectif à contrôler son système alimentaire local, face aux corporations transnationales et aux traités de libre-échange (WTO, FTAs) qui imposent une agriculture industrielle au service du profit.
Deuxièmement, Via Campesina réclame « une réforme agraire populaire et compréhensive pour un accès équitable à la terre, l'eau, les semences paysannes et les territoires ». Cet axe touche directement à la libération des terres et à la réduction des latifundiums, enjeux décisifs pour les millions de paysans sans-terre du mouvement.
Troisièmement, le texte revendique un féminisme paysan explicite, plaçant « les femmes, les jeunes et les diversités au centre » des luttes. Cette dimension féministe du mouvement paysan demeure moins documentée que la critique agro-industrielle, mais elle est structurante : les femmes rurales font face à une double exploitation (travail agricole et reproductif) et à l'exclusion des décisions foncières.
Quatrièmement, le mouvement a obtenu en 2018 l'adoption par l'ONU de la Déclaration sur les droits des paysans et autres personnes travaillant en zone rurale (UNDROP), une victoire politique majeure reconnaissant enfin les droits collectifs et territoriaux des paysans comme sujets politiques légitimes. En 2023, un groupe de travail onusien est créé pour monitorer cette mise en œuvre.
Le document énonce aussi un cadre international anti-impérialiste : Via Campesina s'oppose aux traités de libre-échange et aux corporations, promeut « la coopération, l'internationalisme et la solidarité » et revendique l'autonomie vis-à-vis de toute affiliation politique ou économique. Après 30 ans de lutte, le mouvement affirme avoir construit une force paysanne mondiale unie, mainstreamisé l'agroécologie et établi des centres d'apprentissage ancrés dans les savoirs paysans.
En clair
La Via Campesina regroupe les paysans, les sans-terre et les peuples autochtones du monde entier pour défendre leur droit à cultiver leurs terres sans poison ni manipulations génétiques, et à nourrir leurs communautés avec dignité. C'est un mouvement qui a imposé au niveau mondial et même à l'ONU l'idée que la souveraineté alimentaire et la réforme agraire sont des droits humains, pas des marchandises.
Extraits
travailleurs sans terre, peuples autochtones et autres communautés rurales dans plus de 180 organisations dans plus de 80 pays
Souveraineté alimentaire des peuples
La défense de la Souveraineté alimentaire, et de l'agriculture paysanne sans monoculture, sans transgenèse et sans agrotoxiques.
Une réforme agraire populaire et globale pour un accès équitable à la terre, l'eau, aux semences paysannes, aux territoires et aux services d'appui.
Féminisme paysan et populaire, mettant les femmes, les jeunes et les diversités au cœur de nos luttes.
La Souveraineté alimentaire construite collectivement et généralisée comme droit.
Adoption en 2018 de la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP).