EN Declaration Rights of Migrants and Refugees around the world
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2024-04-05 SCORE 7/10
Document original ↗Synopsis
Cette déclaration de la Via Campesina, adoptée lors de sa VIIIe Conférence internationale en décembre 2023 à Bogotá, relie explicitement deux fronts d'une même lutte : celui des paysans expropriés de leurs terres par l'accaparement (land grabbing) et le pillage de ressources menés par les puissances économiques transnationales, et celui des migrants et réfugiés contraints à l'exil par ces mêmes processus. Le document analyse comment le capitalisme global, le colonialisme, les guerres et les catastrophes climatiques forment un système intégré qui détruit les économies paysannes locales et expulse les populations de leurs territoires. Les migrants, souvent issus du secteur agricole, subissent ensuite exploitation, discrimination et racisme aux frontières et dans les pays de destination, tandis que gouvernements autoritaires et institutions internationales (UN Global Compact, EU Migration Pact) systématisent répression et contrôle. La Vía Campesina, qui rassemble paysans, jeunes, femmes et travailleurs ruraux, propose un cadre d'action unitaire : défendre simultanément le droit à la terre et à la souveraineté alimentaire pour ceux qui restent, et garantir droits civils, sociaux et politiques complets pour ceux qui migrent. Le programme énoncé — réforme agraire, agroécologie, souveraineté alimentaire, organisation syndicale et droits paysans — est présenté comme condition d'une société où la migration n'est plus forcée.
En clair
Les grandes entreprises volent les terres des paysans, les poussent à fuir et deviennent migrants — où ils sont traités comme des sous-humains. La Vía Campesina dit : c'est le même problème. Donnez aux gens le droit de vivre dignement sur leurs terres ET garantissez tous les droits aux migrants, sinon c'est du colonialisme qui continue.
Extraits
accaparement et pillage des ressources et destruction des économies locales, principalement celles des paysans, par le pouvoir économique transnational
tout cela force les gens à quitter leurs territoires
défendre les droits des paysans à la terre, à la souveraineté alimentaire, à la liberté de mouvement et à l'égalité des droits civils, du travail, sociaux et politiques pour l'ensemble des migrants
La Vía Campesina regroupe de nombreuses organisations de migrants et de travailleurs ruraux salariés
À travers le Pacte mondial de l'ONU, le Pacte sur la migration de l'UE et les politiques xénophobes des États-Unis, nous constatons que le contrôle, la vulnérabilité et la répression des migrants s'accroissent
nous continuerons à semer la réforme agraire, l'agroécologie, la souveraineté alimentaire, l'organisation syndicale et la mobilisation pour les droits des paysans
nul n'est forcé de migrer et l'ensemble des droits sont garantis à quiconque décide de le faire