EN -Letter from the 22nd Agroecology Conference

La Vía Campesina — publications (WP REST) 2025-09-16 SCORE 9/10

Document original ↗

Synopsis

Ce manifeste de la 22e Conférence d'Agroécologie, tenue à Curitiba au Brésil en août 2025, réunit plus de 60 organisations sociales — mouvements paysans, peuples autochtones, quilombolas (communautés de descendants d'esclaves marrons), communautés traditionnelles, collectifs et institutions académiques. Le texte positionne l'agroécologie comme un projet politique émancipateur face au modèle agroalimentaire industriel et à la crise climatique. Au cœur de ce manifeste figurent neuf axes de lutte : défense du climat et des terres, développement technologique pour l'agroécologie, démocratie et justice économique, opposition à l'impérialisme et au capitalisme extractiviste, solidarité internationale, mobilisation des jeunes ruraux, leadership féminin en agroécologie, élimination des pesticides et OGM, et protection des défenseurs des droits fonciers. Particulièrement pertinent pour notre veille : l'affirmation que « la terre n'est pas une marchandise, c'est un droit collectif » ; le rejet explicite des fausses solutions écologiques (marché du carbone, financialisation de la nature) ; l'articulation du droit foncier autochtone (demarcation des terres, titularisation quilombola) comme condition de la souveraineté alimentaire ; et l'insistance sur la « recampenization » — le retour à un mode de vie paysan autonome. Le féminisme paysan y est traversal : les femmes, d'abord victimes des crises, sont présentées comme productrices de food agroécologique « juste, coopérative et sans oppression ».

En clair

Ce texte montre ce que les paysans, les peuples autochtones et les habitants pauvres du Brésil demandent vraiment au gouvernement pour nourrir le pays : accès à la terre, arrêt des pesticides et OGM, droits fonciers protégés, et un modèle agricole qui n'empoisonne personne. C'est la plateforme politique d'une coalition de 60+ mouvements, super utile pour comprendre où ils en sont et sur quoi faire pression internationalement.

Extraits

La terre n'est pas une marchandise : c'est un droit collectif qui renforce la communauté, valorise les cultures et promeut la recampagnarisation.

p. 4

Nous rejetons ces fausses solutions, comme le marché du carbone et d'autres formes de financiarisation de la nature, et nous défendons des politiques efficaces qui assurent une réforme agraire populaire, la démarcation des terres autochtones, la titularisation des territoires quilombolas et la régularisation des terres pour les peuples et communautés traditionnels.

p. 3

L'agroécologie est un projet politique pour l'avenir, qui préserve la nature, prend soin des gens et affronte les structures qui détruisent la vie.

p. 2

Les peuples de la campagne, des eaux et des forêts sont ceux qui, historiquement, protègent et régénèrent les territoires, face à l'avancée du capital agroindustriel, à la déforestation, à la monoculture, à l'exploitation minière prédatrice et à l'utilisation intensive de pesticides.

p. 2

Nous, la jeunesse, ne sommes pas une promesse pour l'avenir, mais une réalité insurgée : nous occupons des assemblées et des champs, nous contestons les récits dans le monde universitaire et dans les rues, tandis que nous plantons des agroforêts et sauvegardons les connaissances ancestrales.

p. 4

Réforme agraire populaire, démarcation des terres autochtones, titularisation des territoires quilombolas et régularisation des terres pour les peuples et communautés traditionnels.

p. 3

L'accès à la terre, la réforme agraire populaire, la régularisation des terres, la démarcation et la titularisation des territoires et la défense de l'environnement sont urgents.

p. 4

Nous luttons pour un Brésil souverain et populaire, libre des OGM, des pesticides et de toutes les formes d'oppression fondées sur la classe, la race, le genre et la sexualité.

p. 5

Le parcours de l'agroécologie est le résultat de la coordination de plus de 60 organisations sociales, d'agriculteurs agroécologiques, de sans-terre et de campeurs, de mouvements populaires, de peuples autochtones, de quilombolas, de communautés traditionnelles, de collectifs et d'institutions éducatives.

p. 1
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