Emilio_le_poissonnier-36p-A5-livret

Infokiosques.net — Paysannerie & ruralité 2015-09-26 SCORE 5/10

Document original ↗

Synopsis

Ce texte est un entretien avec Emilio, un habitant de Val Susa (nord de l'Italie) qui raconte sa transformation personnelle dans le mouvement No TAV, lutte contre un projet de ligne ferroviaire à grande vitesse qui menace la vallée. Ancien conformiste, Emilio bascule en juillet 2011 lors d'affrontements et devient un militant de premier plan, incarnant la diversité du mouvement : « Le mouvement est impossible à battre parce qu'il y a de tout, il y a le pacifique, le catholique, l'aguerri, l'intellectuel ». Le document narre aussi les stratégies répressives de l'État (militarisation du chantier, 1000 procès en cours, accusations de terrorisme, sabotages), et l'engagement physique du mouvement par l'occupation du terrain (presidi) et les actions directes. Bien que centré sur la lutte anti-infrastructure plutôt que foncière au sens strict, ce texte documente une forme de défense territoriale : le refus de voir une vallée habitée réduite à un espace de circulation marchand, au profit d'une infrastructure de capital. C'est une lutte pour l'autonomie territoriale face au projet d'État-Nation moderne, où les habitants s'auto-organisent en presidi (occupations de terrain) et maintiennent une présence physique continue. Le ton reste celui de la conviction et de l'engagement incarné : pas d'abstraction, mais une parole de lutte enracinée dans l'expérience vécue et les émotions du combat collectif.

En clair

Ce texte raconte comment des habitants d'une vallée se battent pour ne pas se faire enlever leur terre par un projet de train de luxe, en s'installant sur place en permanence et en refusant de partir. C'est utile pour comprendre comment s'organiser face à un accaparement territorial, même si le combat ici n'est pas directement sur qui cultive la terre ou qui la possède.

Extraits

Un presidio c'est bien si tu veux faire la fête, pour manger, mais le vrai presidio ne doit pas avoir de toit, ne doit pas avoir d'adresse, le presidio c'est nous quatre, là, où que nous soyons, si on a un cœur qui bat et qu'on est contre le système.

p. 1

Le mouvement est impossible à battre parce qu'il y a de tout, il y a le pacifique, le catholique, l'aguerri, l'intellectuel, tu comprends ? Il y a le peuple.

p. 3

Ça signifie bien qu'ils sont là pour défendre les riches. Et la preuve, c'est que le chantier est militarisé, il coûte 100.000 euros par jour, et c'est la collectivité qui paie.

p. 4

Je suis devenu Dame-jeanne molotov. Parce que mon idée c'est celle-là : combattre. Je suis devenu No TAV parce que j'ai vécu sur le terrain les émotions de la situation, et là tu te rends compte que nous sommes dans le vrai.

p. 5

Nous sommes tous des black blocks !

p. 5

Les procédures judiciaires se multiplient, 1000 procès sont en cours contre des habitants du val Susa.

p. 5
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