The Great Awakening : New Modes of Life amidst Capitalist Ruins
Archive.org — théorie des communs (Ostrom, CPR, collective action) 2020-10-06 SCORE 5/10
Document original ↗Synopsis
L'ouvrage collectif « The Great Awakening: New Modes of Life amidst Capitalist Ruins » (édité par Anna Grear et David Bollier, 2020) se positionne comme une exploration des pratiques alternatives émergeantes face à l'effondrement du capitalisme. Publié via punctum books en open access, le livre réunit vingt-sept chercheurs et militants autour de la question : comment des groupes de « commoners » (personnes s'identifiant au mouvement des communs) réinventent les modes de vie collectifs en dehors des structures de marché et d'État?
L'introduction établit un double diagnostic : d'une part, le « Great Unraveling » (effondrement) du capitalisme néolibéral et de la nation-State, d'autre part, le « Great Awakening » — une prise de conscience croissante incarnée par les jeunes mobilisés pour le climat, la montée des politiques progressistes, et une multitude d'initiatives de base. Ces initiatives couvrent : réimagination des systèmes alimentaires régionaux, mise en commun des semences agricoles (open-source), production par pairs (« peer production »), développement de modèles juridiques créatifs (« hacks du droit »), monnaies alternatives, et « cosmo-local production » (partage de connaissances en open-source, fabrication physique locale).
Le livre s'inscrit dans la continuité de la critique écofeministe et écopolititique. Il s'appuie notamment sur la vision d'Anna Lowenhaupt Tsing sur la « survie collaborative » au sein des paysages ruinés par le capitalisme. Les communs ne sont pas réduits à des ressources inertes mais conçus comme des « living eco-social systems » qui incubent des rationaités alternatives et de nouvelles ontologies.
Toutefois, la portion de texte fournie (pages préliminaires et introduction) reste conceptuelle. Elle ne développe pas les formes juridiques concrètes (propriété d'usage, fiducies foncières, usufruit collectif), n'ancre pas explicitement dans la lutte paysanne ou agraire, ne nomme pas les acteurs situés (MST, Via Campesina, mouvements sans-terre), et ne traite pas du land grabbing, de la réforme agraire, ou du land back. Les chapitres ultérieurs (« Beating the Bounds: Inside the Struggle to Make Open Source Seed », « Hacking the Law to Open Up Zones for Commoning », « Thinking Law, Ecology, and the Commons ») promettent une ancrage plus pratique et territorial.
En clair
Ce livre étudie comment des gens construisent ensemble des formes de vie alternatives : cultiver et partager les semences, produire localement, créer de nouvelles institutions en dehors du marché. C'est utile pour comprendre la philosophie générale des communs et comment la loi pourrait les protéger, mais le texte introductif n'entre pas dans le détail concret des luttes pour la terre ou de la vie paysanne.
Extraits
Ils réimaginent les systèmes alimentaires régionaux et les systèmes permettant de maintenir les semences agricoles partageables.
Les commons ne sont pas simplement des ressources inertes sans propriétaire (telles que les océans, l'espace et l'atmosphère) comme les économistes voudraient nous le faire croire. Ce sont des systèmes éco-sociaux vivants qui incubent des rationalités alternatives.
Ils pionnent, par exemple, des détournements créatifs du droit et de nouvelles formes de monnaies.
Par la mise en commun, des groupes de personnes — certains à très grande échelle — montrent des façons profondément nouvelles d'être, de connaître et d'agir dans le monde.
Ils développent de nouveaux modèles de production entre pairs tels que la « production cosmo-locale », qui permet aux gens de partager les connaissances et les designs à l'échelle mondiale, à la manière de l'open-source, tout en construisant physiquement localement.
Il y a une prise de conscience croissante de la nécessité d'un changement fondamental de mentalité et de culture, comme le suggèrent les manifestations climatiques des jeunes de ces derniers temps.
Les trois d'entre nous avons partagé un sentiment aigu des synergies productives qui pourraient être développées en rapprochant les pratiques émergentes des commons avec les droits humains et le droit.
Elle décrit son livre comme « un examen original de la relation entre la destruction capitaliste et la survie collaborative au sein de paysages multispécifiques ».
La survie collaborative nécessitera une certaine expérimentation sérieuse et de la créativité.