ECVC Response and Proposal regarding the European Commission's strategy for Generational Renewal

La Vía Campesina — publications (WP REST) 2026-07-02 SCORE 9/10

Document original ↗

Synopsis

La European Coordination Via Campesina (ECVC) publie en juillet 2026 une réaction nuancée à la Stratégie de renouvellement générationnel proposée par la Commission européenne. Tout en reconnaissant l'urgence diagnostiquée (crise démographique menaçant l'agriculture et les zones rurales européennes), l'ECVC critique sévèrement une stratégie qui demeure prisonnière d'une logique capitaliste fondamentale : traiter l'agriculture et l'alimentation comme des marchandises plutôt que comme des droits humains. Cette posture, selon Via Campesina, légitime les règles du marché libre et perpétue les mêmes mécanismes qui ont provoqué la crise dont on prétend sortir. L'organisation revendique un retrait de l'agriculture de la sphère du profit et demande une véritable transition vers une production agroécologique, autonome et juste. Sur le volet foncier, bien que saluant la création de l'Observatoire foncier européen (demande historique de l'ECVC), elle souligne que cet outil informatif ne change rien aux règles de l'accès à la terre et du régime de la propriété. Elle critique aussi les « fausses solutions » promues (carbon farming, crédits naturels, diversification des revenus vers le tourisme et l'énergie renouvelable) comme autant de vecteurs de financiarisation et de spéculation foncière. L'ECVC insiste sur la nécessité d'une Directive européenne forte, fondée sur l'UNDROP (Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans), capable de garantir l'accès à la terre comme droit pour tous les jeunes agriculteurs, de fixer des prix justes et de valoriser l'agroécologie comme modèle structurant d'un renouvellement générationnel véritable. Elle refuse le modèle du paysan-entrepreneur endetté au profit du paysan solidaire et autonome.

En clair

La Commission européenne promet d'aider les jeunes agriculteurs, mais ses solutions les transforment en entrepreneurs endettés et laissent la terre devenir une marchandise. Via Campesina demande une vraie réforme : garder l'agroécologie au centre, fixer des prix justes, faire de l'accès à la terre un droit, et construire une agriculture solidaire, pas une agriculture de profit.

Extraits

En traitant la production agricole et l'alimentation comme des marchandises plutôt que comme un droit humain, la stratégie légitime l'application des règles du marché libre et leurs abus inévitables

p. 2

Nous sommes des agriculteurs, pas des entrepreneurs. Nous travaillons en solidarité, pas en concurrence.

p. 2

La stratégie ignore le fait que l'agroécologie est un modèle de production qui peut stimuler le renouvellement générationnel et une transition agraire vers un modèle de production durable, autonome et juste

p. 3

L'accès à l'agriculture est un droit pour tous les jeunes qui souhaitent travailler dans ce secteur.

p. 3

Une telle directive devrait être fondée sur les droits énoncés dans la UNDROP (Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans)

p. 3

La stratégie reconnaît que les défaillances du marché et du système juridique – notamment les acquisitions spéculatives, l'accaparement des terres et les systèmes de tenure précaires – rendent les terres agricoles inaccessibles aux jeunes agriculteurs

p. 4

L'agriculture carbone et les crédits naturels aggravent le problème de la financiarisation des terres et de la spéculation, impactant inévitablement les prix des terres

p. 4

Le modèle industriel que la PAC soutient a en fait causé la disparition des exploitations agricoles et des jeunes agriculteurs

p. 3

En tant que jeunes agriculteurs, nous voulons produire de la nourriture et contribuer à la souveraineté alimentaire des régions où nous vivons, qui est menacée par les intérêts des grandes entreprises

p. 2
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