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La Vía Campesina — publications (WP REST) 2013-10-02 Adobe PDF Library 9.9 SCORE 9/10

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Synopsis

Ce chapitre traite de l'autonomie paysanne à travers le contrôle des semences, en opposant frontalement deux systèmes : d'un côté, les droits collectifs millénaires des paysans à cultiver, conserver, échanger et reproduire leurs semences traditionnelles, garantes de biodiversité agricole et d'adaptation locale ; de l'autre, le système industriel des semences, fondé sur les brevets, les droits de propriété intellectuelle (PBR, UPOV) et le brevetage du vivant. Le texte démontre comment l'industrie — dominée par quatre à cinq géantes (Monsanto, DuPont, Syngenta, Limagrain) — utilise l'armature légale internationale (réglementations européennes, accords de libre-échange) pour confisquer les ressources génétiques paysannes, interdire la reproduction de semences fermières, et éradiquer les variétés traditionnelles. Cette confiscation crée une dépendance croissante : dépendance aux intrants chimiques, aux combustibles fossiles, et à l'industrie elle-même. Les paysans ne peuvent plus adapter leurs cultures aux conditions locales ni résister aux chocs climatiques. Le texte affirme que les semences traditionnelles, sélectionnées in situ, sont indispensables à la diversité, à la résilience et à l'autonomie paysanne. Il appelle à reconnaître les droits collectifs des paysans dans les instances de gouvernance mondiale (UPOV, WIPO, UE) et à créer des systèmes de semences régionaux gérés par les agriculteurs eux-mêmes, avant que l'accès aux banques de gènes soit définitivement privatisé. Une critique majeure porte sur la réforme européenne des réglementations sur les semences, qui remplace les obstacles traditionnels au marché par des barrières environnementales et sanitaires (biosécurité, inspections privatisées) quasi impossibles à respecter pour les petits producteurs et les fermiers, les excluant ainsi du marché semencier.

En clair

Les paysans du monde entier gardent depuis des millénaires leurs propres semences, ce qui leur permet d'adapter leurs récoltes à leur territoire et de rester indépendants. Mais quatre ou cinq géantes (Monsanto, DuPont, Syngenta) les ont brevètées — maintenant, les lois interdisent aux paysans de reproduire leurs semences, ce qui les force à racheter chaque année auprès des entreprises et les rend dépendants de l'industrie chimique.

Extraits

Les paysans (c'est-à-dire tous les hommes et femmes qui produisent de la nourriture) sont les principaux contributeurs à la biodiversité. Ils préservent, renouvellent et sélectionnent les variétés de plantes et les races animales purement dans les systèmes sociaux, économiques et culturels dans lesquels ils développent leur production.

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Les paysans ne se considèrent pas comme propriétaires des êtres vivants. Leurs droits sont l'inverse des droits de propriété individuelle sur les êtres vivants, auxquels ils ne peuvent être réduits. Les droits des paysans impliquent non seulement les ressources génétiques dans les plantes, mais aussi les échanges qui ont lieu entre la terre, l'eau, les animaux et l'expertise des paysans. Ce sont des droits collectifs régissant l'accès aux ressources et leur utilisation.

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Les paysans ne peuvent pas apporter leur contribution vitale à la préservation et au renouvellement de la biodiversité si leurs droits de ressemer, préserver, protéger, échanger et vendre leurs semences ne sont pas reconnus et respectés.

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Le système industriel de semences fonctionne en interdisant les droits collectifs des agriculteurs d'utiliser, échanger, vendre et protéger leurs semences, et en confisquant et en éradiquant ensuite les semences traditionnelles au profit de nouvelles variétés industrielles contrôlées par les Droits d'obtenteur (DO).

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Les semences traditionnelles sont sélectionnées et préservées in situ dans les conditions dans lesquelles l'agriculteur cultive ses récoltes. Elles sont indispensables pour la diversité et la variabilité et assurent que les agriculteurs peuvent continuer à s'adapter aux conditions locales.

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Seules les variétés locales et traditionnelles fournissent une base de sélection solide. Cependant, dans de nombreux pays où elles ont disparu des champs, les paysans trouvent de plus en plus difficile d'accéder aux banques de gènes où elles sont enfermées.

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Les organisations de paysans doivent s'assurer que toute stratégie de gouvernance mondiale surveille comment les politiques publiques affectant la biodiversité agricole sont négociées. Elles ont besoin de pratiques de lobbying efficaces afin de maintenir le contrôle sur ce que l'industrie fait.

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Les nouvelles lois en discussion ne laissent aucune place aux variétés traditionnelles, qui ne sont tolérées que dans le cadre de la recherche ou dans les réseaux d'agriculteurs contrôlés par les banques de gènes.

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