Déclaration de Nyéléni 2007

Nyéléni — documents finaux 2007-03-04 SCORE 9/10

Document original ↗

Synopsis

La Déclaration de Nyéléni 2007 est un texte politique fondateur du mouvement mondial pour la souveraineté alimentaire, élaboré collectivement par plus de 500 représentants de 80 pays réunis au Mali. Le document place au cœur de son projet le droit des peuples—paysans, pêcheurs traditionnels, éleveurs pastoraux, peuples autochtones, femmes et travailleurs ruraux—à définir leurs propres systèmes alimentaires et agricoles. La souveraineté alimentaire y est définie comme un droit humain fondamental garantissant non seulement l'accès à une alimentation saine, culturellement appropriée et produite durablement, mais aussi le contrôle des terres, territoires, eaux, semences et biodiversité par ceux et celles qui les produisent. Le texte articule explicitement une critique du néolibéralisme, du capitalisme mondial, des institutions financières internationales et des multinationales, qui menacent les patrimoines alimentaires et agricoles locaux. Il revendique une réforme agraire intégrale qui garantisse aux paysans leurs droits fonciers complets, récupère les territoires des peuples autochtones, protège l'accès des pêcheurs à leurs écosystèmes, et reconnaît les droits des femmes dans la production alimentaire et la gouvernance. Le mouvement se construit autour de l'interdépendance entre producteurs et consommateurs, la primauté des économies locales, l'agriculture paysanne et familiale, la pêche traditionnelle, et une agroécologie respectueuse de l'environnement. Le document souligne enfin que la souveraineté alimentaire implique de nouvelles relations sociales sans oppression, inégalités de genre, domination racialisée ou exploitation de classe, transformant ainsi la question alimentaire en question politique d'émancipation collective.

En clair

Ce texte dit que les paysans, les pêcheurs et les peuples autochtones doivent garder le contrôle de leurs terres et nourrir leurs familles eux-mêmes, au lieu de les voir privatisées et contrôlées par les grandes entreprises mondiales. C'est un engagement pour que chaque région décide comment elle cultive et mange, en respectant les femmes, l'environnement et les savoirs locaux, au lieu de suivre les ordres des multinationales.

Extraits

La souveraineté alimentaire est le droit des peuples à une alimentation saine, dans le respect des cultures, produite à l'aide de méthodes durables et respectueuses de l'environnement, ainsi que leur droit à définir leurs propres systèmes alimentaires et agricoles.

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où existe une véritable réforme agraire intégrale qui garantisse aux paysans tous les droits sur leurs terres, qui défende et récupère les territoires des peuples autochtones

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Cela vaut particulièrement pour les femmes et les peuples indigènes, créateurs historiques de savoirs alimentaires et agricoles, qui sont sous-estimés.

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La privatisation et marchandisation des aliments, des services publics et de base, du savoir, de la terre, de l'eau, des semences, du bétail et de notre patrimoine naturel

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La souveraineté alimentaire donne la priorité aux économies et aux marchés locaux et nationaux et fait primer une agriculture paysanne et familiale, une pêche traditionnelle, un élevage de pasteurs

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où le droit au territoire et à l'autodétermination des peuples est garanti

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ce patrimoine et nos capacités à produire des aliments sains, de qualité et en abondance se voient menacés, sapés, par le néolibéralisme et le capitalisme mondial.

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La réforme agraire revitalise l'interdépendance entre producteurs et consommateurs, assure la survie de la communauté, la justice économique et sociale, la pérennité écologique ainsi que l'autonomie et la gouvernance locales

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La souveraineté alimentaire implique de nouvelles relations sociales, sans oppression et inégalités entres les hommes et les femmes, les peuples, les groupes raciaux, les classes sociales et les générations.

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