As the Strategic Dialogue ends, ECVC demands concrete steps forward on prices, farmers' incomes, right to land and generational renewal
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2024-09-04 SCORE 8/10
Document original ↗Synopsis
Ce communiqué de presse de l'ECVC (Coordination européenne de Via Campesina) réagit au rapport final du Strategic Dialogue lancé par la Commission von der Leyen sur la transition agri-alimentaire européenne. Après sept mois de négociation, l'ECVC reconnaît quelques avancées positives — notamment l'attention portée aux revenus agricoles, aux petites exploitations et au renouvellement générationnel — mais réclame des mesures structurelles plus ambitieuses.
Le cœur de la demande ECVC porte sur trois piliers: (1) Une Directive européenne sur la terre pour en faire l'élément central de la politique agricole, (2) Une révision de la Directive UTP imposant aux acheteurs de payer les paysans à prix couvrant leurs coûts de production, (3) Un renforcement du volet régulation de marché de la PAC, contre la logique de compétition et d'abaissement des prix.
L'organisation critique le rapport pour son incapacité à rompre avec la logique de compétitivité et le commerce libéralisé (accords de libre-échange, règles OMC). Elle demande un tournant paradigmatique vers la coopération, la relocalisation écologique et la souveraineté alimentaire. Fondamentalement, l'ECVC pose une affirmation politique forte : l'alimentation n'est pas une marchandise mais un droit humain, et l'Europe a besoin de plus d'agriculteurs — en particulier de petits et moyens producteurs — pour résoudre les crises contemporaines (sociale, environnementale, alimentaire). Cette position s'ancre dans la Déclaration de l'ONU sur les droits des paysans (UNDROP), ce qui marque un ancrage juridique international des revendications paysannes. Le texte est un plaidoyer d'une des organisations paysannes les plus influentes d'Europe auprès de la nouvelle Commission : il valide les avancées tout en posant des demandes radicales de restructuration de la politique foncière et agricole.
En clair
Ce texte montre que l'organisation paysanne européenne (ECVC) demande à la Commission européenne une loi pour protéger la terre et aider les jeunes et petits agriculteurs à y accéder sans spéculation. Il explique aussi pourquoi les paysans réclament des prix justes, moins de compétition entre eux, et la reconnaissance que nourrir les gens n'est pas une marchandise comme les autres — c'est un droit.
Extraits
La terre doit être placée au cœur de l'agenda politique agroalimentaire, et la nouvelle Commission européenne doit commencer à négocier une Directive européenne sur la terre.
La transition des systèmes agroalimentaires ne peut se faire qu'avec les agriculteurs, en reconnaissant la diversité des systèmes agraires en Europe et en garantissant un revenu décent et stable, en particulier pour les petits et moyens agriculteurs.
L'Europe a besoin de plus d'agriculteurs pour réaliser la transition des systèmes agroalimentaires, car les petits et moyens agriculteurs jouent un rôle clé dans la résolution des crises sociales, environnementales et alimentaires actuelles.
Les agriculteurs veulent travailler en solidarité, non en compétition.
Une obligation est incluse dans la directive UTP pour que les acheteurs de produits agricoles rémunèrent les agriculteurs à des prix qui couvrent les coûts de production.
L'alimentation est un droit humain et non une marchandise. La politique agroalimentaire de l'UE doit être fondée sur une approche des droits de l'homme, incluant le droit à l'alimentation et les droits énoncés dans la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant en milieu rural (UNDROP).
Renforcement des systèmes de conseil public et de la formation, qui pour ECVC devrait se concentrer sur l'agriculture biologique et l'agroécologie en raison de sa popularité auprès de nombreux jeunes à la recherche de sens dans leur profession.
Les traités de libre-échange et les règles de l'OMC ne servent qu'à faire baisser les prix autant que possible, sans tenir compte des coûts pour le bien-être et la santé des agriculteurs et des citoyens, ni de l'impact sur le climat et la biodiversité.