2016_10_14_Sri_Lanka_Final_report_of_the_Tribunal
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2016-10-14 SCORE 7/10
Document original ↗Synopsis
Ce rapport documente un tribunal populaire tenu au Sri Lanka en 2015 pour demander des comptes aux entreprises transnationales d'agrochimiques quant aux impacts de leurs activités. Le document expose un cas d'école d'accaparement foncier et de destruction de l'autonomie paysanne : trois grandes corporations (NelnaAgri, Dole Lanka, Lanka Sugar Company) ont pris le contrôle des terres de la région de Moneragala—jadis un grand centre agricole—via des donations religieuses contestées ou des spoliations directes. Ces entreprises ont également monopolisé les ressources en eau (Kirindi Oya, Menik River), privant les paysans de leurs moyens de subsistance traditionnels. Forcés de travailler pour ces mêmes corporations sous des conditions précaires, les travailleurs (75 % de femmes) sont exposés quotidiennement à des agrochimiques extrêmement toxiques, avec des conséquences sanitaires dramatiques : maladies rénales chroniques, malformations à la naissance, stérilité, cancers. Le tribunal s'inscrit dans une critique politique plus large : l'abandon des semences traditionnelles et des méthodes agroécologiques au profit de la « révolution verte » chimique a rendu les paysans dépendants et vulnérables. Les organisateurs exigent un « changement de paradigme » vers une agriculture durable fondée sur les ressources locales, capables de « libérer le pays de l'agriculture dépendante ». Le rapport met en lumière comment l'État, financé par les contribuables, doit supporter les coûts sanitaires et environnementaux que les transnationales génèrent sans en assumer aucune responsabilité.
En clair
Ce rapport montre comment de grandes entreprises étrangères ont pris les terres des paysans au Sri Lanka, les ont obligés à utiliser des produits chimiques toxiques qui rendent les gens malades, et refusent de prendre responsabilité. Des femmes et des hommes du terrain témoignent de cette spoliation à un tribunal populaire pour exiger des comptes. C'est une analyse claire de l'accaparement agricole, de ses victimes, et de l'impasse qu'il crée.
Extraits
le contexte sera préparé pour la formulation d'une politique d'agriculture durable basée sur les ressources indigènes et compatible avec la nature afin de libérer le pays de l'agriculture dépendante
Ils nous ont pris l'eau, ils nous ont dépossédés de nos terres, les gens n'ont d'autre choix que de travailler dans ces entreprises maintenant
70 à 75 % de ceux qui travaillent dans ces entreprises sont des femmes et elles reçoivent un salaire très faible
Moneragala, autrefois l'un des plus grands centres agricoles du Sri Lanka
Les recherches menées par le Dr. Jayasumana dans l'établissement de Padawiya n° 3 ont révélé que 30 personnes sont décédées de maladies liées à une surexposition aux produits agrochimiques et 60 souffrent de maladies chroniques, parmi 220 familles du village
100 petits réservoirs ont été remplis par la compagnie sucrière pour cultiver de la canne à sucre ; ces réservoirs étaient auparavant utilisés par les agriculteurs
Les entreprises agrochimiques transnationales n'ont pas assumé la responsabilité de leurs actions. Mais c'est le gouvernement, avec les roupies fiscales du peuple, qui doit résoudre ces questions
Au moment de l'indépendance en 1948, le Sri Lanka disposait d'une large gamme de variétés de semences traditionnelles, de riz et d'autres cultures maraîchères. De plus, des méthodes traditionnelles respectueuses de l'environnement étaient utilisées pour la lutte contre les ravageurs et les maladies
Lorsque le glyphosate a été interdit en mars 2015, nous avons commencé à renforcer le dossier pour une telle interdiction en promouvant la théorie qui la sous-tend et en créant un mouvement qui a soutenu cette décision