Ogm, fin de partie — version cahier

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Synopsis

Ce texte est un essai militant qui analyse l'échec de la lutte contre les OGM en France et en Europe entre 1998 et 2004. L'auteur⋅e dénonce comment deux stratégies d'opposition se sont affrontées : une critique radicale, voyant les OGM comme symptôme du système technologique capitaliste et du contrôle du vivant, et une approche « citoyenniste » prônant la régulation par le marché (étiquetage obligatoire, « filières sans OGM », responsabilité financière des pollueurs). Le texte démontre que cette seconde stratégie, portée par les écologistes institutionnels (Paul Lannoye, Danielle Auroi, Hiltrud Breyer) et applaudie comme une « victoire », n'a en réalité constitué qu'une capitulation déguisée. La loi européenne de 2003 sur l'étiquetage a fourni exactement ce que Monsanto attendait : un cadre réglementaire stable et prévisible pour la généralisation des OGM. L'auteur⋅e montre que la « double filière » n'existe pas réellement — aucune filière sans OGM ne peut fonctionner sans falsification, car les contaminations croisées sont inévitables. L'exemple brésilien illustre ce mécanisme : malgré l'interdiction formelle des OGM, 10-30 % de la production était déjà transgénique par plantation clandestine avant la légalisation forcée sous Lula. Au bilan : 6 millions d'agriculteurs cultivent les OGM sur plus de 68 millions d'hectares en 2004, les États-Unis imposent ses semences comme condition de l'aide alimentaire, et en Europe même, pendant le moratoire, des millions de tonnes de soja transgénique étaient importées pour l'élevage. Le texte conclut que le « consomérisme poujadiste » du « mangeur-jugeant » a remplacé la contestation par la négociation et a finalement désarmé toute opposition radicale au projet transhumaniste de contrôle et d'artificialisation du vivant.

En clair

Ce texte explique pourquoi les étiquettes « sans OGM » n'ont finalement rien changé : les grandes firmes semencières ont transformé les lois de traçabilité en outils pour généraliser les semences transgéniques partout. Pendant qu'on débattait du choix du consommateur, les OGM se plantaient déjà clandestinement sur tous les continents, y compris sous les régimes supposément progressistes.

Extraits

Laissons tout contaminer, à condition que les fautifs soient tenus pour responsables financièrement. C'est la légitimation bien moderne du droit de polluer.

p. 3

Certains ont su faire le lien en paroles et en actes entre la critique des OGM et celle de l'organisation sociale qui les a produit, pour remettre en question les fausses évidences d'un « destin technologique » inéluctable

p. 5

Martelant que « le monde n'est pas une marchandise », ces confusionnistes évitent soigneusement de critiquer la marchandise dominante, source de toutes les autres : le travail.

p. 5

La décision « forcée » d'autoriser le soja OGM a été imposée par une social-démocratie présidée par Lula, altermondialiste, ancien trotskiste

p. 5

Aucune filière sans OGM ne peut exister sans falsification. Ils sont bien plutôt la manœuvre légale pour imposer la généralisation des OGM.

p. 5

les OGM sont partout, cultivés par 6 millions d'agriculteurs sur plus de 68 millions d'hectares dans le monde!

p. 5

les États-Unis refusent désormais l'aide alimentaire à tout pays qui n'accepterait pas le principe que cette aide soit composée d'aliments transgéniques.

p. 6

Condamné à 6 mois de prison ferme pour avoir détruit des chimères transgéniques

p. 5

Les écologistes sont donc bel et bien, eux aussi, des agents de la dissémination des OGM.

p. 3

On peut considérer qu'une page est tournée : cette loi consacre l'échec de l'opposition aux OGM en France et en Europe.

p. 5
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