Soberanía alimentaria y otras soberanías: el valor de los bienes comunes

discovery_promoted 2018-06-12 SCORE 9/10

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Synopsis

Cet article théorique d'une anthropologue travaillant avec les peuples indígènes de Colombie et du Pérou argumente que la souveraineté alimentaire ne peut être réduite à la disponibilité d'aliments ou à la sécurité nutritionnelle. Elle est inséparable du droit aux bienes comunes (biens communs) et de la souveraineté territoriale. Le texte retrace l'évolution de la conceptualisation de La Vía Campesina, de sa définition initiale de 1996 (droits des peuples et pays à définir leurs politiques agricoles) à sa reconnaissance en 2013 que « la protection des bienes comunes se trouve au cœur de la souveraineté alimentaire ». L'auteure soutient que les définitions paysannes plus radicales mettent l'accent sur le contrôle des semences, des terres, de l'eau et de la production locale, culturellement appropriée, en harmonie avec la Mère Terre. Elle critique les conceptualisations économicistes des communs comme simples « ressources » et les propose de voir « communautés » et « ressources » comme inséparables, produites simultanément. Le cœur du texte explore les ontologies non-dualistes des peuples indígènes (qui ne séparent pas nature et société, comme le fait la modernité occidentale) pour élargir théoriquement la notion de souveraineté alimentaire au-delà du cadre État-nation occidental. Cette approche vise à désarticuler les droits de propriété libéraux et à reconnaître que les savoirs paysans et les formes communautaires d'exercer la souveraineté territoriale offrent des leçons d'importance globale pour les luttes actuelles.

En clair

Ce texte explique pourquoi manger n'est pas qu'une question de ventre : c'est aussi contrôler sa terre, ses semences et son eau. Les paysans et les peuples indígènes qui savent cultiver doivent pouvoir décider ensemble comment le faire, et les cosmologies indígènes (leurs façons de voir le monde, où la terre n'est pas séparée de la communauté) nous montrent une autre voie que celle des grandes entreprises.

Extraits

La protection des biens communs se trouve au cœur de la souveraineté alimentaire

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Le droit des peuples de contrôler leurs propres semences, terres, eau et production alimentaire [...] par une production locale, autonome (participative, communautaire et partagée) et culturellement appropriée

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Ceux qui possèdent réellement les connaissances nécessaires pour la souveraineté alimentaire sont les paysans, les petits pêcheurs, les éleveurs, les personnes qui peuvent travailler et vivre en forêt

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La souveraineté alimentaire suppose le soin et l'usage durable de la terre, de l'eau et des semences afin de préserver la biodiversité

p. 3

Les relations complexes entre souveraineté alimentaire, biens communs et l'exercice communautaire de la souveraineté territoriale restent largement inaperçues

p. 3

Ces constructions socio-naturelles indigènes qui défient la dichotomie entre société et nature instituée par la modernité occidentale

p. 4

La contre-narration des biens communs permet de désarticuler les droits de propriété et de reconnecter ce qui est légal à ce qui est (illégal mais perçu comme) légitime et juste

p. 5
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