ETC 2026 EN 05
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2026-09-04 Adobe PDF Library 15.0 SCORE 5/10
Document original ↗Synopsis
Ce rapport de l'ETC Group (2026) documente l'état critique de la concentration corporative dans six secteurs clés de l'agroindustrie : semences commerciales, pesticides, engrais de synthèse, machinerie agricole, produits pharmaceutiques animaux et génétique du bétail. Le diagnostic s'énonce ainsi : quatre entreprises (Bayer, Corteva, Syngenta, BASF) contrôlent ensemble 50% du marché des semences et 56% des pesticides ; d'autres oligopoles structurent les secteurs de la machinerie (Deere & Co), des engrais (Nutrien, Mosaic) et de la génétique animale. Face aux crises alimentaires répétées (COVID, guerres au Moyen-Orient et en Ukraine, réchauffement climatique), ces firmes exploitent les chocs de volatilité pour augmenter leurs marges, répercutant les coûts sur les paysans et consommateurs du Sud global. Le rapport identifie une menace majeure : la convergence entre l'agribusiness et les géants technologiques (Microsoft, Google, Amazon, Meta). Ces derniers déploient des plateformes dites de « farming numérique » (Climate FieldView, Cropwise, Granular) qui asservisent les paysans à leurs produits tout en extrayant des données massives sans consentement ni compensation. L'exemple de l'Agri Stack indienne—donnant à Microsoft accès aux données de 80 millions de paysans—préfigure un modèle exportable. S'ajoute la course au gene editing (partenariats Bayer-Pairwise, Syngenta-Tropic Biosciences) et à l'IA pour reproduire génétiquement, concentrant le pouvoir reproductif aux seules mains des propriétaires d'algorithmes. Le rapport relève aussi les batailles judiciaires autour du glyphosate (Monsanto/Roundup vs. Non-Hodgkin Lymphoma) et du paraquat (Syngenta vs. Parkinson), où l'industrie cherche activement l'immunité légale auprès des États. Le diagnostic final : transformer les systèmes alimentaires en les libérant des intrants fossiles et corporatifs exige un démantèlement du pouvoir oligopolistique.
En clair
Ce rapport montre comment quelques géantes (Bayer, Syngenta, etc.) verrouillent les semences, les pesticides et les machines, et utilisent l'internet et l'IA pour mieux contrôler les paysans en leur volant les données, en les enfermant dans leurs produits, et en brevettant les variétés. Utile pour expliquer pourquoi les paysans doivent reprendre les semences et créer ensemble des outils libres.
Extraits
Toutes les grandes entreprises d'intrants agricoles poussent les agriculteurs à utiliser leurs plateformes agricoles numériques pour augmenter leurs ventes et fidéliser les clients.
Les données sont extraites de bases de données publiques et d'autres informations publiques, et même des écosystèmes (sols, plantes et semences), sans consultation, consentement ni compensation.
la nouvelle base de données numérique du gouvernement indien, Agri Stack, fournit à Microsoft des informations détaillées sur 80 millions d'agriculteurs indiens, et est utilisée par la Banque mondiale comme modèle pour des programmes dans d'autres pays.
Bayer affirme que l'utilisation de l'IA lui permettra de « créer de nouvelles combinaisons génétiques » et de raccourcir le processus de sélection des nouvelles semences de 5-6 ans à seulement quelques mois.
Corteva est en cours de scission pour se transformer en une entreprise de semences appelée Vylor et une entreprise de pesticides appelée New Corteva. Cette décision de « démembrer » ses divisions aide Corteva à isoler son activité de semences des responsabilités légales possibles.