Agenda política. Coalición de Mujeres del Caribe por la Tierra y el Territorio
Archive.org — bienes comunes espagnol (15M/communs) 2024-05-30 Adobe PDF Library 17.0 SCORE 9/10
Document original ↗Synopsis
Ce document est l'agenda politique de la Coalición de Mujeres del Caribe por la Tierra y el Territorio, une plateforme regroupant sept organisations colombiennes (régions de Bolívar, Córdoba, Montes de María). Il porte la voix de femmes campesinas, indígenas, afrocampesinas et afrodescendientes dans une lutte intersectionnelle pour l'accès à la terre, le territoire et l'autonomie. La Coalición affirme que la tierra est une ressource fondamentale pour les projets de vie collectifs, mais doit être envisagée en dehors des « lógicas mercantiles e individualistas ». Elle revendique à la fois la titularité formelle de la terre au nom des femmes (reconnaissance comme sujetas políticas) ET son caractère collectif (bienes comunes, acceso comunitario para las comunidades). Le document noue ensemble féminisme agraire, critique de la propriété marchande, savoirs paysans et indígenas, et résistance au despojo militarisé. Il dénonce comment le patriarcat, le capitalisme et le colonialismo se matérialisent dans l'exclusion des femmes de l'héritage foncier, l'accaparement par des acteurs armés et des entreprises, et la violencia sexual militarisée. La Coalición pose l'autonomía económica et la liberación de violencias patriarcales comme inséparables du droit à la terre, insistant sur les politiques internes contre les violences de genre, la formation en communication et TIC, et la reconnaissance du travail productivo y reproductivo quotidien.
En clair
Les femmes paysannes et autochtones du Caraïbe colombien veulent avoir le droit officiel à la terre — non pour la vendre, mais pour en vivre dignement, en décider ensemble, et arrêter la violence des hommes, des militaires et des entreprises qui la leur volent. Concrètement, elles demandent que les femmes héritent au même titre que les hommes, qu'on cesse de traiter la terre comme une marchandise, et qu'on reconnaisse leur travail quotidien de paysannes et de gardiennes du territoire.
Extraits
La terre est une ressource fondamentale pour nous les femmes paysannes, indigènes, afropaysannes et afrodescendantes. De celle-ci dépendent nos projets de vie individuels et collectifs.
Nous exigeons l'accès, la formalisation et la propriété de la terre non pas à partir de logiques mercantiles et individualistes, c'est-à-dire que la terre ne peut se comprendre uniquement comme une ressource économique.
La terre a un caractère collectif dans lequel doivent primer l'organisation propre et l'accès aux autres biens communs de la part des communautés
la situation des femmes face à leur droit à la terre est clairement marquée par une violence patrimoniale et économique
La terre selon notre logique soutient la vie, selon d'autres c'est une marchandise
on tend à transmettre son contrôle aux fils mâles sur la conviction que cela garantit la productivité
La remise d'un titre est fondamentale pour avancer dans notre reconnaissance en tant que sujettes politiques et sociales, pour décider ce qui s'y passe
notre connexion avec le territoire et la place de nos corps dans les luttes territoriales et environnementales
Le droit de vivre en paix implique que nous, les femmes, puissions jouir d'autonomie économique. Cela passe par abolir l'exploitation dans toutes ses dimensions.