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La Vía Campesina — publications (WP REST) 2020-06-05 Adobe PDF Library 15.0 SCORE 8/10

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Synopsis

Ce bulletin de suivi documente l'impasse de la réforme rurale complète stipulée dans l'accord de paix colombien de 2016. Malgré quatre années d'implémentation sous le gouvernement Duque (2018-2022), la redistribution des terres aux paysans demeure quasi-inexistante : un fonds d'accès foncier censé acquérir des terres pour les petits agriculteurs n'a transféré « pas une seule hectare » à quiconque. Le gouvernement privilégie des sources vacantes plutôt que des mécanismes redistributifs structurels (extinction de domaine, récupération de terres inexploitées), révélant un manque de volonté politique à déconcentrer la propriété rurale improductive.

Les plans territoriaux participatifs (TADP, APRT) ont contourné les organisations paysannes, autochtones et communautaires, préférant des entrepreneurs locaux — vidant la planification de sa substance démocratique. Le cadastre rural modernisé exclut la participation communautaire et confie la gestion à des entités privées, instrumentalisant l'information foncière sans démocratisation réelle.

L'économie paysanne alternative — axe majeur via la substitution volontaire des cultures illicites (coca) — s'est effondrée : depuis novembre 2018, le gouvernement a cessé les accords volontaires, privilégiant l'éradication aérienne au glyphosate. Parmi 99 097 familles engagées, 42,3% ne reçoivent aucun soutien financier promis. Les chiffres de violence sont éloquents : depuis l'accord de paix, 666 leaders sociaux et défenseurs des droits humains ont été assassinés, dont 468 dans des organisations paysannes, autochtones, afrodescendantes, environnementales ou communautaires. Les disputes foncières représentent 70,27% de ces meurtres. Pour les peuples autochtones seuls : 162 tués, 555 menaces collectives, 14 266 personnes confinées, 6 985 victimes de déplacement forcé.

Le texte révèle une stratégie cohérente : militarisation des territoires ruraux via les Strategic Zones for Integral Intervention (SZII), exclusion des structures de participation créées par l'accord, préservation du statu quo foncier sous couvert de stabilisation sécuritaire. C'est un document de monitoring critique produit par des organisations de droits humains documentant comment l'impasse foncière colombienne — raison fondatrice de l'accord de paix — s'est aggravée.

En clair

Le gouvernement colombien avait promis après la guerre civile de donner des terres aux paysans sans-terre et d'aider à remplacer la culture de la coca par des récoltes légales. Quatre ans plus tard, rien n'a été fait — les terres ne sont pas distribuées, les aides n'arrivent pas, et ceux qui réclament ces droits sont tués (surtout les paysans et les autochtones).

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