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La Vía Campesina — publications (WP REST) 2025-10-31 Adobe PDF Library 18.0 SCORE 9/10
Document original ↗Synopsis
Le document est une déclaration politique de La Vía Campesina, coalition mondiale de plus de 200 millions de paysans et communautés rurales, adressée à la COP30. Son diagnostic : les fausses solutions marchandes au changement climatique—marchés de carbone, transitions énergétiques vertes, agriculture « intelligente »—sont des pièges destinés à préserver les profits corporatistes tout en accélérant l'accaparement des terres et l'extraction.
La critique porte sur trois plans. D'abord, l'analyse systémique : les 50 plus riches milliardaires polluent plus que 1,3 milliard de personnes réunies. L'agriculture industrielle génère 44 % des émissions globales. Les corporations agro-industrielles sont identifiées comme véritables déforestateurs et pollueurs, tandis que la paysannerie—qui cultive, nourrit les peuples et refroidit la planète—est systématiquement disqualifiée au profit de solutions technologiques répondant uniquement aux intérêts du capital.
Deuxièmement, le détournement institutionnel. La CCNUCC, loin de défier les intérêts corporatistes, a été capturée pour faciliter le pillage « au visage vert ». Sous couvert de langage écologique, les mécanismes proposés—marchés de carbone (articles 6.2, 6.4, 6.8), agriculture climatiquement intelligente, REDD+—privatisent la nature, déplacent les communautés et génèrent de nouvelles formes de contrôle territorial.
Troisièmement, la critique du « colonialisme vert ». Affirmer qu'une transition énergétique 100 % renouvelable peut remplacer toute l'énergie fossile mondiale mène à une nouvelle vague d'accaparement foncier et territorial, particulièrement dans le Global South. L'exemple du « carbon farming » est révélateur : présenté aux petits paysans comme revenu supplémentaire via le stockage de carbone dans les sols, il bénéficie réellement aux grands agriculteurs et corporations, conduisant à la concentration foncière et au déplacement des paysans.
Au centre : une distinction politique radicale. Les solutions réelles enracinent la réduction des émissions dans la souveraineté alimentaire, l'agroécologie paysanne, les droits paysans et le respect de la Terre-Mère. Elles exigent un contrôle démocratique des systèmes énergétiques, l'apprentissage des savoir-faire paysans, une réduction massive de la consommation commençant par le Global North. Le texte formule des demandes concrètes : rejet de la finance conditionnelle et génératrice de dettes, fonds climatiques comme réparations plutôt que prêts, soutien à l'agroécologie paysanne. Il affirme que cette transformation doit combiner engagement stratégique institutionnel et organisation collective des mouvements partageant des oppressions communes.
En clair
Ce texte explique pourquoi les grandes entreprises agricoles, pas les petits paysans, sont responsables de la destruction climatique—et pourquoi l'agroécologie paysanne est la vraie solution que le monde refuse de soutenir. Il montre comment les financements 'verts' et les marchés de carbone sont des pièges qui prennent les terres aux paysans pour enrichir les riches.
Extraits
Plus de 200 millions de paysans et de communautés rurales, côtières et urbaines organisés au sein de La Vía Campesina, déclarent que l'époque des fausses promesses et des solutions basées sur le marché doit prendre fin
de véritables solutions qui permettent de réduire massivement les émissions de gaz à effet de serre enracinées dans la Souveraineté alimentaire, l'agroécologie, les droits des paysans, et le respect fondamental de Mère la Terre
L'agriculture industrielle intensive est responsable de plus de 44 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre
la paysannerie, qui cultive la terre, nourrit les peuples, refroidit la planète, en tant que partie fondamentale de la solution
Les territoires que nous utilisons pour l'élevage et l'agriculture sont saisis, l'extractivisme s'intensifie, et l'énergie, les profits et les bénéfices sont concentrés dans les grandes entreprises
Ces soi-disant solutions n'autonomisent pas les communautés ni ne garantissent la souveraineté énergétique des peuples ; elles ne sont qu'une autre façon pour le capital de contrôler la terre et le travail
l'UNFCCC a été récupérée pour faciliter le pillage avec une « façade verte »
ces solutions sont inventées par des économistes, sont tout au mieux théoriques, et ne représentent pas de véritables réductions