Populism from above and below: the path to regression in Brazil
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Document original ↗Synopsis
Cet article de Daniela Andrade analyse la régression politique et économique brésilienne (2016-2018) à travers la critique du populisme « d'en haut et d'en bas ». Le texte montre comment le Parti des Travailleurs (PT), au pouvoir pendant 13 ans (2003-2016) sous la présidence de Lula, a présenté son leadership comme représentant les intérêts des pauvres et des sans-terre, tout en protégeant ceux de l'agribusiness et des élites — une « ambiguïté populiste ». En contexte rural, les conséquences ont été dramatiques : après l'impeachment de Dilma Rousseff en 2016 (50 % des votes provenaient du Bloc Parlementaire de l'Agribusiness), l'interim government a aboli le Ministère du Développement Agraire et a drastiquement réduit les programmes d'aide à la paysannerie comme Bolsa Família et le PAA (Food Acquisition Program). Parallèlement, la violence contre les ruraux a explosé (132 meurtres de paysans entre 2016-2017, soit +100 % par rapport à 2005-2014). Le Mouvement des Travailleurs Sans Terre (MST), principal acteur des luttes pour l'accès à la terre au Brésil, a soutenu la candidature de Lula lors de la campagne pré-électorale 2017-2018. Andrade soutient cependant que cette stratégie électoraliste était problématique : la route vers la régression n'a pas commencé avec Bolsonaro, mais a été pavée sous le PT lui-même, avec son projet « néo-développementaliste » qui favorisait silencieusement l'agribusiness et reproduisait les structures d'inégalité. L'article s'inscrit dans le cadre de l'Emancipatory Rural Politics Initiative (ERPI) et pose une question politique centrale : le populisme de gauche, même soutenu par les mouvements paysans, peut-il créer un véritable chemin vers l'émancipation rurale, ou reproduit-il les mêmes dépendances de classe et les mêmes structures de domination ?
En clair
Cet article explique que le soutien des mouvements sans-terre brésiliens aux gouvernements de gauche n'a pas créé de vrai changement foncier : les gouvernements du PT protégeaient l'agribusiness tout en se présentant comme amis des pauvres. C'est un avertissement utile : ne pas faire confiance aux promesses électorales de « gauche » sans exiger des changements concrets et immédiats de la propriété de la terre et du pouvoir paysan.
Extraits
la route de la régression a été pavée durant la tenure du Parti des travailleurs, quand le leadership de Lula a émergé comme représentant des intérêts 'd'en bas' tout en promouvant un projet politique qui protégeait et chérissait les intérêts 'd'en haut' - une ambiguïté populiste
50 % des votes de destitution à la Chambre des députés ont été exprimés par le soi-disant Front parlementaire de l'agro-industrie, qui représentait 41 % du nombre total de parlementaires en exercice
le gouvernement intérimaire a aboli le ministère du Développement agraire et a éliminé ou gravement réduit des programmes célébrés à l'international qui fournissaient soutien et protection sociale aux pauvres ruraux, tels que le Bolsa Família ou le Programme d'acquisition alimentaire (PAA)
Entre 2016 et 2017, 132 habitants ruraux, dont beaucoup exerçaient des postes de direction, ont été assassinés – une augmentation de 100 % du nombre moyen de meurtres par an en comparaison avec la période 2005-2014
d'août 2017 à mars 2018, le Mouvement des travailleurs sans terre (Movimento dos Trabalhadores Sem Terra, MST) a ouvertement soutenu l'ancien président Luiz Inácio Lula da Silva (Lula, au nom du PT) lors d'une caravane de pré-campagne électorale présidentielle
les mouvements agraires et autres forces sociales organisées se sont trouvés face au besoin pressant de mobiliser les masses pour contester les réductions drastiques du soutien public
sa politique a été célébrée pour promouvoir un projet post-néolibéral et néo-développementiste qui a principalement affecté les pauvres