Agrarian anarchism and authoritarian populism
The Anarchist Library — OPDS (new releases) 2024-04-04 xdvipdfmx (20220710) SCORE 6/10
Document original ↗Synopsis
Cet article d'Antonio Roman-Alcalá propose une relecture anarchiste de l'étude critique agraire contemporaine. L'auteur défend que l'anarchisme reste pertinent pour penser la politique agraire et rurale, en identifiant trois niveaux d'relevance : les mouvements anarchistes explicites (historiques et contemporains), les théories qui en émergent, et les éléments anarchistes implicites présents dans les pratiques sociales et les valeurs quotidiennes. Roman-Alcalá applique cette lentille au problème du « populisme autoritaire » qui, ces dernières années, a capté le vote rural et paysan aux États-Unis et ailleurs (Trump, Modi, Erdogan, Bolsonaro). L'argument central est que les paysans, historiquement, ont souvent embrassé une critique de l'État et développé des « ordres sociaux maison » – une posture que l'auteur qualifie d'anarchiste naturelle. Le texte rejette l'idée que l'anarchisme serait nécessairement faible ou marginal en politique, montrant au contraire que le courant a joué un rôle central dans les grandes révolutions du XXe siècle (Espagne, Mexique, Ukraine/Russie). Plutôt que de céder à l'assomption hégémonique que seul un État fort peut résoudre les crises (climatique notamment), l'auteur propose de repenser les mouvements paysans et ruraux par une lentille anarchiste. Cela permettrait de mieux comprendre pourquoi les resentments envers le pouvoir d'État poussent les populations rurales non-élites vers des directions autoritaires, et comment des formes d'organisation émancipatoires – enracinées dans des « économies morales vécues » et des savoirs grassroots – pourraient offrir une alternative. Le texte pose ainsi un diagnostic critique : la gauche progressiste, en acceptant que l'État est inévitable pour l'émancipation, abandonne le terrain des imaginaires populaires et des besoins concrets des paysans aux nationalistes autoritaires.
En clair
Ce texte aide à comprendre pourquoi les paysans et ruraux ont historiquement rejeté l'État et créé leurs propres façons de s'organiser – et pourquoi aujourd'hui ils se tournent parfois vers des leaders autoritaires plutôt que vers la gauche. Il propose que les mouvements paysans devraient développer des récits et organisations anarchistes clairs pour répondre à leurs besoins matériels réels, plutôt que de attendre un État 'fort' qui ne les protègera jamais.
Extraits
Pour le paysan, l'État est une quantité négative, un mal, à remplacer sans tarder par son propre socialisme « fait maison »…
Comme la paysannerie, l'anarchisme n'est jamais mort de la mort qu'on lui promettait. Il survit dans les mouvements sociaux existants…
Dans tout le monde rural, le « développement économique » capitaliste continue d'exploiter les ressources humaines et non humaines…
La pertinence de l'anarchisme, en bref, se trouve à trois niveaux : en tant que mouvements, théories et comportements anarchistes.