Que reste-t-il du champ des possibles sur la ZAD ?

Infokiosques.net — Paysannerie & ruralité PyPDF2 SCORE 7/10

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Synopsis

Ce texte anonyme d'un paysan boulanger bio impliqué dans les luttes territoriales offre une critique lucide de la trajectoire de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes après l'abandon du projet d'aéroport en janvier 2018. Entre 2009 et 2018, la ZAD avait incarné une expérience rare : construire des cabanes, pratiquer l'agriculture sans normes capitalistes, élever des chèvres sans identification électronique. Après le succès et face aux expulsions d'avril 2018, une partie du mouvement accepte les Conventions d'Occupation Précaires (COP) — un système étatique de régularisation administrative. Le texte décortique le piège de cette stratégie : les COP sont non renouvelables, révocables, obligent à rapporter les occupations « illicites », et soumettent la sécurité foncière à une « normalisation » des activités. Cette normalisation signifie devenir exploitant agricole certifié (normes sanitaires strictes, identification électronique, cotisations sociales 3000€+/an), ce qui implique endettement, rentabilité contrainte, et disparition des formes de vie expérimentales. Seules 11 COP sont signées sur 40 demandes, couvrant 170 ha sur 1500. Le texte réserve sa critique la plus tranchante au projet de « fonds de dotation » pour l'achat des terres : élitiste, inoffensif au capitalisme agricole, il contraste radicalement avec une réforme agraire populaire (Via Campesina) qui remettrait en cause l'industrialisation agricole. La distinction centrale : d'un côté, la normalisation pragmatique qui assure la survie matérielle mais renonce à l'ambition politique ; de l'autre, l'horizon d'une réforme agraire radicale sécurisant l'accès à la terre sans endettement. Ce texte pose les questions critiques que les luttes auraient dû se poser : Qu'est-ce qui définit un territoire anticapitaliste ? Comment construire une liberté foncière durable sans tomber dans les pièges de la régularisation d'État ou l'élitisme philanthropique ?

En clair

Après la victoire de 2018 contre l'aéroport, la ZAD s'est divisée. Certains ont accepté les règles de l'État pour rester sur les terres : cultiver selon les normes, s'identifier à une banque, payer des cotisations ; d'autres disent que c'est piégé — l'État peut reprendre les terres quand il veut, et le rêve d'une liberté foncière s'est évanoui. Le texte explique aussi pourquoi les « fonds de dotation » (outils des riches) ne donneront jamais autant de terre au peuple qu'une vraie réforme agraire radicale qui remet en cause tout le système.

Extraits

La zad avait ceci de particulier qu'il y était possible entre 2009 et 2018, de construire une cabane ou faire de l'agriculture selon ses propres règles, d'élever des chèvres en groupe sans les identifier avec des puces électroniques, de tester des formes de poly-activité.

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Le bénéficiaire s'engage à informer immédiatement l'État, par tout moyen, de toutes occupations par des tiers des Terrains (occupations ou constructions illicites, entreposage de matériaux, stationnement de véhicules, …)

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Contrairement à un fermage qui est reconduit perpétuellement par tacite reconduction, et protège ainsi le fermier, ces COP sont très contraignantes et non sécurisantes.

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Le projet de la réforme agraire tel qu'explicité par la Via Campesina a une portée populaire et anti-capitaliste. Il s'adresse à tous les petits paysans et tous ceux qui veulent avoir accès à la terre mais qui n'ont rien. Il remet en cause la dynamique même de l'industrialisation agricole et de la concentration foncière.

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La promesse d'un bail de fermage plus pérenne est conditionnée à la normalisation des activités dont l'avancement est régulièrement discuté durant les Comités de Pilotage (COPIL) entre syndicats agricoles, administrations agricoles, services de l'Etat. Les occupant.e.s ne sont pas présent.e.s dans ces réunions.

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La lutte contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (NDDL) a été menée par un large mouvement composite aux tendances anticapitaliste, écologiste, paysanne, anarchiste, etc.

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