ECVC reflection paper on new entrants in agriculture

La Vía Campesina — publications (WP REST) 2018-06-20 SCORE 8/10

Document original ↗

Synopsis

Ce document de l'ECVC (European Coordination Via Campesina) de mai 2018 propose une réflexion critique sur la Politique Agricole Commune (PAC) et formule des recommandations pour en faire un outil de soutien aux nouveaux agriculteurs et petites exploitations. Le cœur du diagnostic : la PAC actuelle, fondée sur des subventions par hectare, crée structurellement des obstacles à l'installation des nouveaux entrants, en particulier ceux sans héritage foncier. Cette logique favise la concentration des terres et avantage l'agribusiness industriel au détriment des fermes paysannes de petite taille. Le texte dénonce aussi l'impact dommageable de cette politique sur les systèmes agricoles africains, asiatiques et latino-américains, où elle renforce la dépendance à l'agribusiness global. Face à ce constat, l'ECVC propose six réformes majeures : (1) Remplacer les aides au hectare par des aides directes aux nouveaux entrants, modulées selon leurs besoins réels (formation, logement, commercialisation) ; (2) Instaurer un supplément de revenu pendant la phase d'installation critique ; (3) Créer un soutien spécifique pour les fermes alimentant les marchés locaux en agroécologie, avec critères d'ancrage territorial (75 % des ventes dans un rayon de 100–250 km selon les produits) ; (4) Promouvoir les coopératives de producteurs pour reconstruire les infrastructures locales (laiteries, abattoirs, moulins) ; (5) Assouplir les aides à l'investissement en permettant l'achat de matériel d'occasion ; (6) Mettre en place un service de conseil gratuit en agroécologie. Le document souligne aussi l'importance d'accompagner l'accès des femmes et des personnes en situation de marginalisation au secteur agricole. En filigrane émerge une vision alternative : une agriculture ancrée territorialement, diversifiée, écologique et relocalisée, qui reconstituerait les liens entre villes et campagnes et soutiendrait la souveraineté alimentaire des territoires. Les nouveaux agriculteurs, particulièrement les jeunes, sont présentés comme des acteurs clés de revitalisation rurale et de transition agroécologique, à condition que les politiques publiques cessent de les pénaliser.

En clair

Ce texte montre pourquoi c'est devenu presque impossible pour un jeune d'installer une petite ferme en Europe : l'argent public des subventions agricoles va aux grosses exploitations, pas aux nouveaux agriculteurs. Le document demande à changer ça pour aider les jeunes qui veulent cultiver localement et sans pesticides, notamment en appuyant les circuits courts et les coopératives paysannes.

Extraits

Actuellement, les subventions agricoles sont versées par hectare, ce qui conduit à la concentration des terres et à une concurrence pour les terres agricoles.

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Pour les nouveaux venus en agriculture, il est souvent difficile d'accéder au système de subventions à moins qu'ils n'héritent de terres ou de droits.

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Beaucoup de ces nouveaux venus, principalement des jeunes, redonnent vie aux zones rurales. Ils fournissent des produits alimentaires à vendre directement à leurs communautés locales, aux villes et aux cités, tout en étant engagés envers les gens, l'environnement et le climat de leur région.

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Il est également important de situer la PAC dans son contexte mondial et de voir que, telle qu'elle est actuellement, c'est une politique nuisible pour les systèmes agricoles africains, asiatiques et latino-américains.

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Nous devrions adopter une position qui promeut les politiques publiques offrant une protection et qui ne sont pas orientées vers l'agrobusiness mondial mais plutôt vers la souveraineté alimentaire et la revitalisation des zones rurales en Europe.

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Il est également nécessaire de mettre en œuvre des stratégies concrètes pour que les femmes et autres groupes soutenant la diversité sexuelle puissent surmonter les difficultés supplémentaires lors de leur intégration dans le secteur.

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Ce soutien devrait promouvoir les exploitations qui choisissent d'encourager les ventes directes et de renforcer les marchés locaux en termes de souveraineté alimentaire.

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Les agriculteurs peuvent travailler ensemble et former des coopératives de producteurs pour accéder aux marchés locaux. Ensemble, ils peuvent également reconstruire les infrastructures qui ont été détruites dans de nombreuses régions, telles que les fromageries, les abattoirs et les moulins.

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De la même manière qu'il est nécessaire qu'il y ait une aide financière pour les personnes souhaitant s'établir dans ce secteur, c'est un défi de rendre les exploitations nouvellement établies financièrement viables à long terme.

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