relatorioagrocombustiveis2012
MST Brésil — biblioteca (WP REST API) 2012-10-01 Adobe PDF Library 9.9 SCORE 8/10
Document original ↗Synopsis
Ce rapport documente l'expansion rapide de la production d'éthanol au Brésil entre 2004 et 2012, en mettant l'accent sur ses dimensions foncières et sociales. Entre 2004/05 et 2010/11, la production d'éthanol a augmenté de 79,6%, transformant le paysage agricole brésilien. La monoculture de la canne à sucre occupait 8,4 millions d'hectares en 2012, concentrée à 86% dans la région Centre-Sud (São Paulo, Minas Gerais, Goiás). Cette expansion s'est présentée comme solution énergétique « propre et renouvelable » justifiant d'importants investissements publics : le BNDES a fourni seul R$7,4 milliards en 2010, et R$28,2 milliards durant les huit ans de la présidence Lula.
Cependant, le rapport révèle que cette croissance repose sur trois mécanismes d'accaparement : d'abord, l'expropriation directe de petits producteurs et de peuples indígènes dont les terres sont converties en plantations. Deuxièmement, la substitution systématique des cultures alimentaires (lavouras alimentares) par la canne, menaçant la souveraineté alimentaire. Troisièmement, la financiarisation monopoliste du secteur.
Le capital financier jouait un rôle central : après 2004, des usines privées de sucre-énergie (stagnantes depuis 1990) ont été « ressuscitées » par les crédits publics. Le groupe Cosan, devenu géant du secteur via l'émission d'actions à la Bovespa, s'est allié à Royal Dutch Shell pour créer Raízen (2011), estimée à 20 milliards de dollars, avec une production annuelle de 2,2 milliards de litres d'éthanol. Ces mégacorporations ont systématiquement acquis les terres, nécessitant selon les estimations R$24,5 milliards de financements publics.
La crise financière mondiale (2008-2012) a temporairement ralenti l'expansion : les usines avaient spéculé en devises, et beaucoup ont fait faillite quand le dollar s'est apprécié. Le secteur a cumulé plus de R$4 milliards de pertes. Mais au lieu de retraiter, le gouvernement Dilma a augmenté les aides : R$4 milliards supplémentaires pour la « rénovation » des champs en 2012, plus des propositions d'exonération fiscale totale.
Ce rapport révèle une stratégie de classe : l'État brésilien, représentant une fraction du capital financier international, utilise l'argent public pour liquidiser les terres des sans-terres et paysans, au profit de corporations agroénergétiques. L'« énergie verte » devient prétexte à l'une des plus grandes expropriations rurales contemporaines du Brésil. La genèse du Movimento Sem Terra et d'autres luttes agraires contemporaines passe par ces processus documentés ici.
En clair
Ce rapport montre comment le gouvernement brésilien a dépensé des milliards d'argent public pour aider les grandes entreprises à prendre les terres des paysans et des Indígènes et les transformer en plantations de canne pour faire de l'essence. C'est utile pour comprendre comment l'« énergie verte » peut être un mensonge qui cache l'accaparement des terres.
Extraits
Destacamos o papel do capital financeiro, entrelaçado com a expansão territorial do agronegócio, e seus impactos nas disputas por terras indígenas e camponesas.
a expropriação de pequenos produtores e indígenas e a consequente substituição de lavouras alimentares
a internacionalização monopolista do setor, o aumento da necessidade de créditos subsidiados
Entre estes, R$24,5 bilhões seriam para aquisição de terras, e R$19,2 bilhões, para a formação de lavouras
Durante os oito anos do governo Lula, o total de empréstimos obtidos pelos usineiros chegou a R$28,2 bilhões.
Essa associação resultou na constituição da empresa Raízen, que surge como um dos cinco maiores grupos econômicos do país, com valor de mercado estimado em 20 bilhões de dólares.