La Via Campesina Manifesto for COP30: Peasant Agroecology and Food Sovereignty for Just Transitions
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2025-10-29 ONLYOFFICE/8.1.3.3 SCORE 9/10
Document original ↗Synopsis
Le manifeste de La Vía Campesina pour COP30 pose un diagnostic radical : la crise climatique n'est pas qu'une question environnementale, mais le fruit du capitalisme, de l'impérialisme, du colonialisme et du patriarcat qui marchandisent la vie et la nature. Le document affirme que le système agroalimentaire industriel, responsable de 44% des émissions mondiales, est le vrai coupable—non la paysannerie, qui « cultive la terre, nourrit les peuples et refroidit la planète ». La Via Campesina dénonce trois catégories de fausses solutions : (1) les « solutions vertes » capitalistes (énergies renouvelables de grandes entreprises) qui reproduisent la dépossession coloniale des terres du Sud global ; (2) les marchés carbone et mécanismes de l'Accord de Paris (Article 6), présentés comme réductions d'émissions mais qui permettent aux plus riches de continuer à polluer en achetant des permis, et qui transforment les forêts, terres et territoires en marchandises ; (3) l'« agriculture intelligente face au climat » qui, sous un vernis de durabilité, sert surtout à augmenter les profits des géantes agricoles et piège les paysans dans la dette. Face à cette architecture injuste, le mouvement propose une alternative radicale : démanteler le système néolibéral agroalimentaire, rejeter le colonialisme vert, garantir une véritable transitions énergétique portée par réduction de la consommation du Nord global, et construire la souveraineté alimentaire et l'agroécologie paysanne comme solution réelle au climat. Le ton est celui d'une déclaration de guerre politique au capitalisme climatique : pas de compromis, pas de fausses solutions, une reprise de pouvoir par les peuples sur leurs terres et ressources.
En clair
La Via Campesina dit : les vraies solutions au climat, c'est les paysans qui les font déjà avec l'agroécologie ; les fausses solutions des gouvernements et grandes entreprises (énergies vertes, marchés carbone) volent juste les terres des paysans et peuples autochtones avec un maquillage écolo. Ce manifeste peut servir à : argumenter que les paysans ne sont pas le problème climatique mais la solution, et à rejeter les pièges qui privatisent la nature au nom du climat.
Extraits
des solutions réelles qui permettent de réduire massivement les émissions de gaz à effet de serre enracinées dans la Souveraineté alimentaire, l'agroécologie, les droits des paysans, et le respect fondamental de la Mère Terre
Les forces qui privilégient l'accumulation de capital au-dessus de la vie, des droits humains et de la nature, monopolisent les terres, détruisent les connexions entre les gens et leurs territoires
L'agriculture industrielle intensive représente plus de 44 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Nous devons inverser la tendance à l'augmentation des produits agrochimiques, des combustibles fossiles, de l'élevage intensif
de la paysannerie, qui cultive la terre, nourrit les peuples, refroidit la planète, en tant que partie fondamentale de la solution à la crise climatique
ce capitalisme vert pousse une nouvelle vague de vol de terres, d'eau et de territoires, particulièrement dans les pays du Sud global et contre les communautés rurales
les marchés du carbone et la compensation carbone permettent l'achat et la vente de permis pour continuer à polluer. En pratique, ce sont des solutions inventées par les économistes, sont au mieux théoriques, et ne représentent pas de réelles réductions
Ces programmes privatisent la nature, déplacent les communautés, et génèrent de nouvelles formes de contrôle territorial
nous, plus de 200 millions de paysans et de communautés rurales, côtières et urbaines organisés au sein de La Vía Campesina, déclarons que l'époque des fausses promesses et des solutions basées sur le marché doit prendre fin
La transition vers ce modèle exige des coûts énormes, donc la plupart des agriculteurs dépendent des prêts gouvernementaux, qui en pratique les poussent dans une nouvelle forme d'endettement et de dépendance
Tout cela rend nécessaire que les peuples gèrent soigneusement la transition en s'éloignant des combustibles fossiles d'une manière qui bénéficie à la société dans son ensemble