En finir avec 200 ans de vaines querelles : plaidoyer pour un soutien de la Nation à ses communs fonciers

HAL — communs fonciers 2026-09-20 SCORE 9/10

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Synopsis

Jean-François Joye, professeur de droit public, formule un plaidoyer juridique et politique pour la reconnaissance et le soutien des communs fonciers français : les « communaux » et « sectionaux ». Ces formes millénaires de propriété collective, particulièrement présentes en zone rurale et montagneuse, permettent depuis le Moyen-Âge la gestion partagée des terres et l'exercice d'un droit de vote local sur le territoire. Or, depuis 200 ans, l'État français a systématiquement promu la propriété privée individuelle, reléguant ces systèmes collectifs à l'oubli politique et juridique, malgré leur persistance et leur résilience. Le texte dénonce l'indifférence gouvernementale et l'hostilité administrative qui menacent ces communs de dissolution ou de « communalisation » forcée — c'est-à-dire de dépossession des membres au profit des communes. Sur le plan fonctionnel, Joye démontre que les communs fonciers constituent un modèle économico-politique distinctive : ils combinent un espace privé d'habitation avec une responsabilité collective dans la gestion durable des ressources partagées (forêts, pâturages, eau). C'est un système « doublement assurantiel » qui crée du lien social, impose de la responsabilité environnementale et renforce la légitimité démocratique d'habiter le territoire. L'auteur appelle à un tournant doctrinal vers un cadre juridique « pro-communs » pour répondre aux défis socio-écologiques contemporains sans utopie, en modernisant un outil préexistant. Ce n'est pas une relique folklorique, mais un patrimoine juridique et social à valoriser dans l'intérêt national.

En clair

En France, depuis le Moyen-Âge, certains villages et régions gèrent ensemble leurs terres (forêts, prés, eau) — ce sont les communs. Chaque habitant a le droit d'en tirer du bois ou de la nourriture, mais aussi le devoir de les entretenir et de voter sur leur gestion. L'État a oublié ce système durant 200 ans, le menaçant de disparition. Ce texte demande à le sauver et le moderniser, car il crée du lien entre voisins et permet une gestion durable sans passer par le marché immobilier.

Extraits

La France métropolitaine a conservé un modèle de propriété collective à travers les « communaux » ou « sectionaux » permettant depuis des temps immémoriaux la gestion prudente des ressources et le soutien aux populations.

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des seigneurs ou parfois des ordres religieux ont trouvé des arrangements avec les populations pour concéder sur certaines terres des droits d'usage collectifs

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l'État fait la promotion depuis plus de 200 ans d'un autre modèle de propriété à des fins d'émancipation sociale et économique

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Il est dès lors nécessaire de prendre acte de cette résilience et de faire évoluer un cadre juridique de a-communs, quand il n'est pas anti-communs, à pro-communs.

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il existe des modes d'occupation du territoire qui allient « pré-carré » intime en matière d'habitat et droit de regard (et de vote) sur la gestion du territoire environnant

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Ce système est doublement assurantiel, il offre des avantages à l'individu (bois, eau, pâture, beauté des paysages, etc.), mais l'appelle aussi à exercer un rôle éminent dans le collectif

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Une responsabilité pèse sur eux dans l'attention portée à la préservation de l'ensemble des biens, les mauvais joueurs aux comportements inadaptés pouvant être écartés

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