Böll Stiftung — publications DE (deep crawl) 2024 SCORE 8/10
Document original ↗Synopsis
Bodenatlas 2024 est un atlas de référence produit par la Fondation Heinrich-Böll, le BUND (Bund für Umwelt und Naturschutz Deutschland) et le Think Tank for Sustainability. Il documente l'état critique des sols mondiaux et articule trois crises imbriquées : l'effondrement de la sécurité alimentaire (faim croissante malgré les promesses de réduction d'ici 2030), la dégradation des sols (25 % des sols mondiaux sont dégradés) et le changement climatique. Pour les populations rurales particulièrement, l'accès à des sols sains et fertiles est présenté comme un facteur clé de libération de la faim et de la pauvreté.
Le document soulève un enjeu central pour les luttes foncières : l'accaparement des terres (Landgrabbing), longtemps considéré comme une problématique du Global Sud, s'accélère maintenant en Europe, notamment en Allemagne. Les investisseurs internationaux achètent massivement des terres agricoles comme placement « sûr » en temps de crise. Cette dynamique dépossède les petites et moyennes exploitations et génère expulsion et appauvrissement.
En réponse, l'atlas promeut l'agroécologie comme approche systémique, en opposition radicale à l'agriculture industrielle intensive (basée sur les engrais azotés et pesticides) qui dégrade les sols et accélère la crise climatique. L'atlas articule également l'enjeu foncier aux droits humains : l'accès équitable à la terre et aux sols fertiles est présenté comme une condition essentielle pour la réalisation des droits humains fondamentaux, notamment le droit à l'alimentation. Malgré les déclarations internationales, les conflits fonciers globaux demeurent régulièrement meurtriers.
Une tension implicite traverse le document : les solutions climatiques basées sur les terres (reforestation, biocarburants) peuvent elles-mêmes générer des conflits d'utilisation et reproduire l'accaparement. L'atlas esquisse une « Wende in Richtung Gemeinwohlorientierung » (tournant vers une orientation au bien commun) sans en détailler les mécanismes institutionnels. C'est un diagnostic politique ancré dans l'écologie et la justice, mais moins développé sur les régimes fonciers alternatifs (propriété collective, fiducies, communs formels).
En clair
Ce document montre que les grandes entreprises achètent les terres des paysans partout dans le monde, y compris en Europe, pour en tirer du profit — et qu'une solution serait de passer à l'agriculture écologique et de mettre la terre au service du bien commun plutôt que des investisseurs. C'est utile pour comprendre le problème, mais ça ne donne pas de recette précise pour organiser la terre autrement (comme les fiducies foncières ou les coopératives).
Extraits
Pour eux, l'accès à des sols sains et fertiles est un facteur central pour se libérer de la faim et de la pauvreté.
L'achat à grande échelle de terres agricoles a longtemps été considéré comme un problème du Sud global. Mais l'accaparement des terres s'accroît également en Allemagne.
Pour les investisseurs du monde entier, les sols sont devenus un placement financier résilient aux crises. Ce qui assure les profits de quelques-uns entraîne souvent l'expulsion et la pauvreté pour les populations locales.
Un revirement vers une orientation au bien commun pourrait aider en contrepartie.
Face à ces crises, l'agroécologie en tant qu'approche systémique gagne en importance, notamment comme alternative à l'agriculture industrielle intensive en énergie et en ressources.
Un accès équitable à la terre et aux sols fertiles est une condition essentielle pour le respect des droits humains, comme le droit à l'alimentation.