Problems of the Revolution
The Anarchist Library — OPDS (new releases) 2021-05-05 XeTeX 0.99999 SCORE 5/10
Document original ↗Synopsis
Ce texte, issu d'une réflexion sur les problèmes économiques de la révolution sociale en Espagne (vraisemblablement années 1930), porte sur la relation cruciale entre paysans et ouvriers dans le processus révolutionnaire. L'auteur, qui cite Emile Pouget (1906), établit que toute révolution échoue si l'un de ces deux groupes n'y participe pas activement et de concert. Le texte se concentre particulièrement sur le problème majeur de l'approvisionnement des villes en produits agricoles, un enjeu qui a déterminé l'issue de plusieurs révolutions passées. En critiquant vigoureusement les politiques de réquisition forcée menées lors de la Révolution française (1793) et surtout de la révolution russe (1917-1921), l'auteur démontre que ces méthodes autoritaires ont généralement échoué : elles ont découragé la production agricole, provoqué des révoltes paysannes, et finalement affamé les villes. S'appuyant sur Kropotkin et son analyse du projet révolutionnaire, sur Emma Goldman et son témoignage des violences bolchéviques, et sur Luigi Fabbri pour une perspective anarchiste cohérente, le texte propose une alternative fondée sur l'échange volontaire et équitable entre villes et campagnes. La solution esquissée repose sur un accord mutuel entre paysans et ouvriers, sans coercition, et suppose une compréhension fine des besoins paysans réels (semences, engrais chimiques, machines agricoles avant luxe et commodités). L'auteur insiste sur la coordination délicate entre économies urbaines et rurales, montrant que l'imposition de prix bas ou de monnaies sans valeur n'a jamais fonctionné. Le texte défend ainsi une position anarcho-syndicaliste : le refus de la réquisition et l'exigence d'un accord démocratique direct entre travailleurs urbains et paysans, soit par échange de biens, soit par certificats de crédit. C'est une critique précoce (années 1920-1930) du centralisme économique bolchévik, vue depuis une tradition anarchiste sensible à l'autonomie et à la dignité paysannes.
En clair
Ce texte explique pourquoi forcer les paysans à livrer leurs récoltes (comme en URSS) échoue et provoque révolte. À la place, il faut un accord démocratique entre paysans et ouvriers, sans violence ni imposition, pour que la révolution réussisse vraiment.
Extraits
Il n'y a pas de révolutions possibles ou efficaces sauf quand les ouvriers et les paysans participent au mouvement.
La politique de réquisition a complètement entravé l'élan révolutionnaire de la campagne.
Grâce à Dieu, nous avons de la terre, mais vous prenez tout le blé ; des poules, mais vous prenez les œufs, des vaches, mais nos enfants n'ont pas de lait.
Si les conseils locaux ou les syndicats, ou les deux à la fois, étaient les organisations intermédiaires entre les petits exploitants ruraux et les coopératives agricoles
La société urbaine doit donc répondre à ces possibilités et aux préférences des paysans si on veut éviter les antagonismes qui se dessinent entre les villes et la campagne.