Anarchists and Fellow Travellers on Palestine

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Synopsis

Ce texte examine les divergences historiques au sein du mouvement anarchiste face au sionisme et à la Palestine, révélant une tension fondamentale entre deux approches politiques de la propriété et de la terre. D'un côté, des anarchistes comme Emma Goldman et Joseph Cohen ont rejeté le sionisme sur des bases abstraites — l'opposition au nationalisme en tant que tel — sans prêter attention à l'oppression concrète des Palestiniens. Pire, Goldman en vint à défendre en 1938 la colonisation sioniste en s'appuyant sur la théorie lockienne de la propriété : selon elle, les colons juifs avaient « droit » au territoire palestinien parce qu'ils avaient « labouré la terre » et « transformé les terres désertiques en champs fertiles ». Cette position reproduit la logique même du colonialisme de peuplement.

De l'autre côté, des anarchistes comme Marcus Graham et Albert Meltzer ont privilégié une analyse matérialiste du sionisme comme forme concrète de colonialisme de peuplement soutenu par l'impérialisme britannique. Reginald Reynolds, compagnon de route des anarchistes, critiqua justement Goldman : selon sa propre logique, « la terre en Palestine aurait dû appartenir au paysan arabe », et l'adage « le premier qui trouve garde » ne saurait être une devise pour des anarchistes.

Le texte montre comment l'universalisme anarchiste abstrait — bien intentionné — peut se révéler impuissant face à la réalité concrète du colonialisme de peuplement et de l'expropriation. Il plaide pour une union entre abstraction théorique et analyse minutieuse des dynamiques historiques et spatiales particulières. Cette critique résonne au-delà de la Palestine : elle interroge les mouvements de libération des terres sur le besoin d'analyser spécifiquement comment les mythologies de la propriété (théorie lockienne du « droit au travail ») justifient l'appropriation coloniale des terres. Sans cette analyse des mécanismes concrets de l'accaparement et du colonialisme de peuplement, une critique générale de la propriété privée risque de rester inefficace ou même complice.

En clair

Ce texte montre pourquoi un anarchiste qui crie « à bas la propriété privée ! » peut quand même soutenir le vol des terres palestiniennes — parce qu'il ne regarde pas les détails concrets : qui prend la terre à qui, comment, et pourquoi. Pour défendre vraiment la terre, il faut analyser comment on la vole, pas juste brandir des principes généraux.

C'est utile pour les luttes foncières aujourd'hui : quand on réclame des communs ou une réforme agraire, il faut aussi nommer le colonialisme de peuplement et l'accaparement, sinon on risque de rester dans l'abstraction.

Extraits

labouré la terre… repris les terres incultes et… les transformer en champs fertiles et jardins fleurissants

p. 1

la terre en Palestine aurait dû appartenir au paysan arabe

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« trouver, c'est garder » est une bonne devise pour les conquistadores et les impérialistes, mais non, aurais-je pensé, pour les Anarchistes

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l'impérialisme britannique et le colonialisme sioniste dans l'oppression des Palestiniens

p. 1

Une attention aux spécificités du colonialisme de peuplement, à son soutien impérialiste et aux dynamiques de l'histoire palestinienne est nécessaire

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l'universalisme anarchiste abstrait, bien qu'il soit bien intentionné, n'est pas une solution toute faite et automatique à la particularité

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c'est seulement en unissant ces deux facultés, ces deux tendances apparemment contradictoires — l'abstraction et l'analyse attentive, scrupuleuse et patiente des détails — que nous pouvons nous élever à une véritable conception de notre monde

p. 2
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