From Food Sovereignty to Peasants' Rights: an Overview of Via Campesina's Struggle for New Human Rights
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2013-05-13 SCORE 9/10
Document original ↗Synopsis
Ce texte académique analyse comment La Via Campesina, mouvement transnational de paysans et petits agriculteurs fondé dans les années 1990, a mobilisé le langage des droits humains pour combattre le capitalisme et le néolibéralisme en agriculture. Face à la dépaysannisation globale, au régime alimentaire corporatiste et aux importations massives, Via Campesina a élaboré un modèle de « souveraineté alimentaire » pour contrer le paradigme de l'économie de marché. Le mouvement a fusionné des organisations politiquement, culturellement et idéologiquement différentes du Nord et du Sud en utilisant un « cadre des droits » commun. Cependant, l'auteure (Priscilla Claeys) souligne les limites du cadre libéral occidental des droits humains : dominé par l'individualisme, centré sur les obligations d'État, et favorisant la liberté économique individuelle au détriment de l'égalité des résultats. Via Campesina a donc créé de nouveaux droits humains, notamment le droit des peuples à la souveraineté alimentaire et les droits des paysans, qui reposent sur une dimension collective plutôt qu'individuelle. Ces droits incluent la maîtrise des ressources productives, la défense des savoirs locaux, la création de marchés locaux, des prix rémunérateurs, et surtout le droit à la terre et aux territoires. Le mouvement a tenté d'institutionnaliser la souveraineté alimentaire en demandant à l'ONU une Convention internationale (2000-2004), initiative qui a ensuite largement disparu de son agenda après 2007. Le texte offre une généalogie critique de la manière dont un mouvement paysan transnational a instrumentalisé les droits humains tout en cherchant à les dépasser par une conception alternative, plus collective et anti-capitaliste.
En clair
Via Campesina, c'est un réseau mondial de paysans et petits agriculteurs qui se battent pour le droit de produire leur propre nourriture et de garder leurs terres, contre les grandes entreprises agroalimentaires et le libre-échange. Ce texte explique comment le mouvement utilise le langage des droits humains pour défendre ces revendications, et pourquoi il doit inventer de nouveaux droits (collectifs, pas juste individuels) parce que le cadre des droits occidental ne suffit pas.
Extraits
Le mouvement agraire transnational La Via Campesina est connu pour avoir mobilisé avec succès un discours fondé sur les droits humains dans sa lutte contre le capitalisme et le néolibéralisme dans l'agriculture.
Ces régimes sont construits autour des obligations des États et ne parviennent pas à aborder adéquatement les responsabilités en matière de droits humains des acteurs privés et transnationaux.
sécuriser le contrôle des ressources productives naturelles, protéger les savoirs locaux et l'identité culturelle, créer des marchés locaux, garantir des prix rémunérateurs et défendre le droit à la terre et au territoire.
Le droit à la souveraineté alimentaire n'a pas été revendiqué comme un droit individuel, mais plutôt comme le droit des communautés, des États, des peuples ou des régions.
En 2004, le militant agriculteur français José Bové a présenté au Secrétaire général de l'ONU de l'époque, Kofi Annan, l'appel de Via Campesina pour une Convention sur la souveraineté alimentaire.