THE HUMAN RIGHTS SITUATION IN HAITI
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2023-10-03 SCORE 6/10
Document original ↗Synopsis
Ce document est une déclaration écrite soumise par le Centre Europe - tiers monde au Conseil des droits de l'homme des Nations unies (54e session) sur la situation des droits humains en Haïti. Il fournit un historique depuis l'indépendance de 1804 et analyse la crise actuelle marquée par la violence des gangs, l'instabilité politique et la misère généralisée.
Un élément central pour la thématique foncière est la situation des communautés paysannes rurales. Le document décrit comment les gouvernements successifs ont systématiquement négligé les besoins des paysans : accès à l'eau potable, électricité, services de santé, écoles, assistance technique, crédit, et infrastructures agricoles. Bien que ces communautés approvisionnaient traditionnellement les villes en nourriture, elles souffrent désormais de malnutrition. L'insécurité généralisée les empêche de circuler librement pour vendre leurs produits, tandis que l'importation massives de produits alimentaires « tue » la production locale.
Le document documente la spoliation systématique des terres agricoles paysannes. Des zones franches agricoles et industrielles sont créées explicitement pour « transformer Haïti en un pays capitaliste, plateforme d'exportation pour le marché américain ». Cette appropriation s'effectue par la force : paysans arrêtés et torturés pour s'être opposés à ces projets ou simplement pour avoir résidé sur des terres qu'ils avaient achetées, hérités ou occupées pendant des décennies. Un système judiciaire corrompu, au service des accapareurs, facilite ces dépossessions. Le droit à la justice équitable des communautés paysannes est bafoué.
Ce processus d'accaparement est instrumentalisé par la « Core Group » (États-Unis, Canada, France, Brésil, Espagne, Allemagne, Union européenne, Nations unies, OEA), créée en 2004. Ses initiatives incluent la légalisation de la propriété foncière étrangère et la promotion de l'accaparement des ressources naturelles haïtiennes, sans consensus national ni consultation populaire.
La conclusion situe les violations systématiques en Haïti comme une négation du droit à l'autodétermination, à la souveraineté alimentaire et à un environnement sain — c'est-à-dire le droit à la liberté et à la vie.
En clair
En Haïti, les puissances étrangères et l'État local volent les terres des paysans pour en faire des zones d'exportation agricole, ce qui force les paysans à fuir à la ville et crée une famine de masse. Comprendre ce mécanisme d'accaparement est crucial pour toute lutte pour la souveraineté alimentaire.
Extraits
Les communautés paysannes font face à l'accaparement de terres agricoles pour créer des zones franches industrielles et agricoles qui visent à « transformer Haïti en un pays capitaliste, une plateforme d'exportation pour le marché américain »
Les paysans sont arrêtés et torturés pour s'être opposés à ces projets, pour avoir vécu sur des terres qu'ils ont achetées, héritées ou occupées pendant des décennies.
Les gouvernements successifs ont négligé les besoins et les demandes des communautés paysannes, qui sont privées des services les plus élémentaires : eau potable, électricité, services de santé, écoles, accès à l'assistance technique, crédit, infrastructures et intrants agricoles
Les actions de ces entités nient le droit du peuple haïtien à l'autodétermination, à la souveraineté alimentaire et à un environnement sain.
Environ 4,4 millions de personnes, soit près de 46 % de la population haïtienne, souffraient d'une insécurité alimentaire aiguë
Compte tenu de la situation de sécurité, ils ne peuvent pas se déplacer librement pour vendre leurs produits. Les paysans sont de plus en plus forcés d'importer des produits alimentaires, « bénéficiant » du dumping qui tue la production locale.
Cette situation entraîne un exode rural sans précédent, augmentant la pauvreté dans les villes et alimentant la violence des gangs.
Le système judiciaire corrompu, au service des accapareurs de terres, contribue à ces dépossessions.
Le droit à la justice équitable pour les communautés paysannes est bafoué dans les tribunaux.