Alimentação é direito de todo ser humano
MST Brésil — biblioteca (WP REST API) 2021-10-14 Adobe PDF Library 16.0 SCORE 9/10
Document original ↗Synopsis
Ce manifeste du Movimento dos Trabalhadores Rurais Sem Terra (MST) brésilien établit un diagnostic politique radical de la crise alimentaire au Brésil : plus de 20 millions de personnes souffrent de faim, 55 % de la population vit en insécurité alimentaire, et la crise s'aggrave sous le gouvernement Bolsonaro. Le document expose quatre causes structurelles : la famine chronique liée à la précarisation du travail et l'inflation galopante des denrées (14,66% contre 10,25% d'inflation générale); la consommation d'aliments ultra-transformés « empoisonnés » aux pesticides (40 % de l'histoire agrochimique du Brésil autorisés seuls sous Bolsonaro); le chômage de masse (14,1%) et l'effondrement du secteur du logement (déficit de 5,8 millions d'habitations). Au cœur du diagnostic : le modèle de l'agronégocio brésilien. Malgré son poids politique considérable au Congrès (241 des 513 députés, 39 des 81 sénateurs), l'agronégocio ne produit pas d'aliments pour le peuple, mais uniquement des commodités d'exportation (soja, maïs, canne à sucre, coton, bétail). Pire encore : 1 % de latifundiaires contrôlent plus de 50 % de toutes les terres du Brésil, certains possédant plus de 100 000 hectares. Ce régime de concentration foncière est maintenu par 50 grandes transnacionales qui dictent les prix. L'agronégocio s'approprie des terres publiques et envahit les territoires camponeses, quilombolas et indígenas, laissant un sillage de violence et de destruction environnementale : déforestation, contamination par les pesticides, sécheresses, inondations, dégradation des sols. À l'inverse, l'agriculture familiale et paysanne produit plus de 360 types d'aliments pour nourrir le Brésil, mais elle ne reçoit aucun soutien d'État; Bolsonaro a détruit toutes les politiques d'appui existantes. Le document appelle à quatre ruptures : l'élimination politique de Bolsonaro; l'abandon du modèle agronégocio; le renforcement des luttes des peuples des champs, des eaux et des forêts; la pratique de la solidarité avec les affamés. La solution proposée : la réforme agraire, la démarcation des terres indígenas, la reconnaissance des droits des territoires quilombolas et camponeses, le développement d'une agriculture paysanne, agroécologique et agroforestière en équilibre avec la nature—y compris en zones urbaines. Le texte se termine par un appel radical : « Occuper les latifundia, au champ et à la ville ! » Publié pour le 16 octobre (Journée mondiale du droit à l'alimentation), ce document incarne la lutte contemporaine pour la libération des terres et la souveraineté alimentaire en Amérique latine.
En clair
Au Brésil, une poignée de riches contrôle 50 % des terres et n'y produit que du soja pour l'export — pendant que 20 millions de gens ont faim. Les paysans pourraient les nourrir s'ils avaient la terre, et le MST demande une réforme agraire pour leur en donner.
Extraits
L'ALIMENTATION EST UN DROIT DE TOUT ÊTRE HUMAIN!
Plus de 20 millions de Brésiliens et de Brésiliennes souffrent de la faim. 55% de la population est en situation d'insécurité alimentaire.
L'agribusiness est formé par seulement 1% d'agriculteurs, qui contrôlent plus de 50% de toutes les terres, certains d'entre eux ayant des superficies de plus de cent mille hectares.
L'agriculture brésilienne est dominée par l'agribusiness qui ne produit pas d'aliments, mais des produits pour l'exportation.
L'agriculture familiale et paysanne produit plus de 360 types d'aliments pour le peuple brésilien, mais ne reçoit aucun soutien.
Le droit à l'alimentation pour tout le peuple brésilien ne sera assuré que par l'agriculture paysanne, agroécologique et agroforestière, en équilibre avec la nature.
Nous devons faire une Réforme Agraire, délimiter les terres autochtones, reconnaître les droits des territoires quilombolas et paysans.
Occuper les latifundia, à la campagne et en ville!