Women of La Via Campesina: Creating and Occupying our Rightful Spaces
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2013-05-13 SCORE 8/10
Document original ↗Synopsis
Ce texte est un témoignage de Nettie Wiebe, femme paysanne canadienne et ancienne leader de La Via Campesina, sur le rôle fondamental des femmes dans le mouvement paysan international depuis sa fondation en 1993. Le document retrace comment les femmes paysannes ont progressivement conquis des espaces de pouvoir et de parole dans une organisation historiquement dominée par les hommes. Wiebe raconte les débuts de Via Campesina lors de la conférence fondatrice de Mons en 1993, puis du 2ème congrès de Tlaxcala (Mexico, 1996) où, malgré la présence active de femmes, toute la direction élue était masculine — une injustice que les femmes ont immédiatement contestée. Cette contestation a mené à l'élection de Wiebe elle-même à la Commission de coordination internationale (ICC), première femme nommée. Le texte décrit ensuite la structuration progressive d'une stratégie féministe au sein de Via Campesina : formation d'une Commission des femmes, assemblées féminines préalables aux grandes conférences, adoption de paritégenre formel dans les instances de direction. Wiebe souligne que cette lutte pour l'égalité des femmes s'articule avec les combats plus larges pour la souveraineté alimentaire, l'accès à la terre, les droits humains et la justice politique. Elle insiste sur la réalité matérielle des femmes paysannes, qui cumulent travail agricole, responsabilités familiales et engagement politique, et sur la manière dont l'action collective donne force et confiance malgré les obstacles. Ce témoignage positionne le féminisme agraire comme une dimension intrinsèque de la lutte paysanne mondiale, non pas un ajout.
En clair
Ce texte raconte comment les femmes paysannes de La Via Campesina — un grand mouvement international de paysans — se sont battues pour avoir une vraie voix égale aux hommes dans leurs organisations et leurs luttes pour la terre et la nourriture. C'est utile pour comprendre que le combat pour le droit à la terre ne peut pas ignorer l'égalité des femmes.
Extraits
Embrassant une diversité sans égale tout en luttant solidairement pour la souveraineté alimentaire, la justice sociale et politique, et la protection de la terre et de la vie
Les femmes ont été des participantes et des leaders clés dans La Via Campesina. En fait, le rôle des femmes est une part de ce qui rend notre mouvement unique
Comme la plupart des femmes rurales, j'ai intégré mon travail public et politique dans ma vie aux côtés de mes responsabilités familiales et domestiques
l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) posait une menace terrible à l'agriculture paysanne et à petite échelle partout
Les femmes, ainsi que certains de nos homologues masculins, trouvaient cela inacceptable. Un véritable mouvement paysan doit certainement être plus représentatif de la paysannerie, qui inclut les femmes et les hommes.
Tenir des réunions préliminaires de femmes nous aide à nous comprendre mutuellement, à construire des relations de confiance, à valider nos expériences et notre analyse et nous donne la confiance d'occuper nos espaces légitimes efficacement.
Une modification constitutionnelle a été adoptée qui élargit l'ICC pour inclure deux membres de chaque région, un homme et une femme.
Les féministes agraires au Canada avaient combattu et remporté la parité des genres dans les Unions d'agriculteurs bien avant mon époque