COP30: An Urgent Call from the Voices of the Land
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2025-10-30 Adobe PDF Library 17.0 SCORE 9/10
Document original ↗Synopsis
Le manifeste de La Vía Campesina adressé à COP30 constitue une critique systématique des « solutions vertes » de marché que les gouvernements et corporations du Global North instrumentalisent pour perpétuer l'extraction et l'accaparement des terres du Global South. Le texte établit une distinction capitale : tandis que l'agriculture industrielle responsable de 44 % des émissions mondiales est présentée comme le problème, la paysannerie cultive la terre, nourrit les peuples et régénère les écosystèmes — elle est la vraie solution climatique. Le manifeste démonte quatre pièges verts : les marchés du carbone (Article 6) qui permettent aux pollueurs d'acheter des « droits de polluer » sans réduire réellement les émissions ; l'agriculture « intelligente face au climat » qui fonctionne comme blanchiment écologique pour les agroindustries ; le carbon farming, qui bénéficie surtout aux grands exploitants tout en déplaçant les petits paysans ; et les transitions énergétiques « renouvelables » à grande échelle, qui reproduisent les patterns d'extraction coloniale. Le texte identifie un « colonialisme vert » : la prétention des pays du North à imposer une « bioéconomie » utilisant les terres du South pour produire biomasse et matériaux « renouvelables ». En contrepoint, La Vía Campesina réclame une transition radicale fondée sur l'agroécologie, la souveraineté alimentaire, l'autonomie territoriale et le contrôle démocratique des ressources, financée non par des prêts conditionnels mais par des réparations — capables notamment de soutenir les écoles d'agroécologie paysanne. C'est une critique matérialiste et territoriale : tant que le système capitaliste et la propriété privée des moyens de production restent intacts, aucune transition authentique n'est possible.
En clair
Ce texte explique comment les solutions écologiques qu'on nous vend (marchés du carbone, fermes de carbone, énergies « vertes » des grandes entreprises) sont en réalité des pièges pour les paysans : elles permettent aux riches de continuer à polluer tout en leur prenant leurs terres. La vraie solution existe déjà : les paysans qui cultivent écologiquement et nourrissent le monde sans détruire la planète.
Extraits
la paysannerie, qui cultive la terre, nourrit les peuples, refroidit la planète, en tant que partie fondamentale de la solution à la crise terrestre
Souveraineté alimentaire, agroécologie, droits des paysans, et respect fondamental de la Mère Terre
ces prétendues solutions ne donnent pas de pouvoir aux communautés ni ne garantissent la souveraineté énergétique des peuples ; ce ne sont simplement qu'un autre moyen pour le capital de contrôler la terre et le travail
le capitalisme vert mène une nouvelle vague d'accaparement des terres, de l'eau, et des territoires, particulièrement dans les pays du Sud global et contre les communautés rurales
ces programmes privatisent la nature, déplacent les communautés, et génèrent de nouvelles formes de contrôle territorial
les marchés du carbone et la compensation permettent l'achat et la vente de permis pour continuer à polluer... ne représentent pas de réductions réelles
les corporations agroindustrielles et les gouvernements à leur service : ils ont créé la crise climatique et maintenant détournent les processus intergouvernementaux pour marchandiser la nature
Assurer l'infrastructure de base et répondre aux besoins des communautés exige un contrôle démocratique de l'énergie, et non pas des prises de contrôle par les corporations