Attitude of Anarchists in the Face of the Mexican Revolution

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Synopsis

Voltairine de Cleyre, anarchiste américaine, écrit en 1912 un appel puissant adressé aux anarchistes pour qu'ils soutiennent activement la Révolution mexicaine. Son argument central : cette révolution attaque la racine de tout esclavage humain, la propriété foncière, et le peuple mexicain se mobilise pour récupérer accès à la terre, aux forêts, aux eaux et aux ressources minérales. De Cleyre critique les comrades italiens qui refusent de soutenir le mouvement au motif que ses leaders ne seraient pas formellement anarchistes. Elle oppose cette position à sa conception d'un anarchisme vivant, incarné dans les luttes réelles : si l'anarchisme ne s'enracine que dans les débats théoriques, il devient stérile. La Junta du Parti libéral mexicain (menée par Ricardo Flores Magón, Enrique Magón, William C. Owen) proclame publiquement l'expropriation par la force des terres, des maisons, des mines, des usines — en un mot, de tout ce qui existe, afin que les pauvres organisent la production selon leurs besoins. De Cleyre souligne que les Indiens mexicains sont anarchistes et communistes par instinct, ayant une soif inextinguible de leur liberté ancestrale. Leur cri de ralliement — « donnez-nous la terre ou donnez-nous la mort » — incarne la compréhension viscérale que la liberté politique est une illusion sans liberté économique et accès à la terre. Ce texte articule une théorie anarchiste de la libération foncière ancrée dans un mouvement révolutionnaire réel, mettant au défi l'anarchisme occidental de dépasser ses querelles théoriques pour s'engager dans les luttes concrètes des paysans et des peuples autochtones.

En clair

Ce texte de 1912 argue que les anarchistes DOIVENT soutenir la Révolution mexicaine parce que les paysans — surtout les Indiens — se battent pour reprendre la terre qu'on leur a volée, ce qui est la vraie base de la liberté. Pour une lutte foncière aujourd'hui, c'est un appel à cesser de demander si les gens qui se battent sont les « bons » révolutionnaires, et les soutenir parce qu'ils font ce qui compte : ils reprennent leur terre.

Extraits

le fondement même de tout l'esclavage humain, la propriété foncière, est attaqué

p. 1

la liberté d'accès à la terre, aux forêts, aux eaux et aux gisements minéraux

p. 2

le moyen pour le peuple de retrouver sa liberté personnelle est d'obtenir la terre pour lui-même, et le moyen de l'obtenir est de la prendre

p. 2

la liberté politique est une imposture sans le retour de la terre

p. 2

ces Indiens sont par instinct des anarchistes — et des communistes aussi — et ils ont une soif inextinguible de leur ancienne liberté

p. 3

l'expropriation par la force des terres, des eaux, des maisons, des mines, des usines, des ateliers, des chemins de fer — en bref, de tout, afin que les pauvres puissent organiser la production selon les besoins de chaque communauté productive

p. 3
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