Die Industrielle Landwirtschaft und das Klimachaos (version allemande — booklet)
Infokiosques.net — Paysannerie & ruralité 2018-08-09 SCORE 4/10
Document original ↗Synopsis
Le document « Die Industrielle Landwirtschaft und das Klimachaos » expose la responsabilité majeure du secteur agricole industriel dans la crise climatique — une dimension absente des débats du mouvement climatique dominant. Entre 44 et 57% des émissions mondiales de gaz à effet de serre proviendraient directement ou indirectement de l'agriculture industrielle, dont 10% seulement des engrais synthétiques.
Le texte décrit les mécanismes de l'agriculture industrielle : spécialisation sur une seule culture, mécanisation, centralisation des terres, usage massif de pesticides et d'engrais chimiques. Ce modèle s'est imposé progressivement après 1945 selon la logique capitaliste : maximiser la production à moindre coût, ignorant les dégâts écologiques et sociaux. Un élément structurant : le land grabbing — appropriation des terres des petits paysans (Kleinbauern, Kleinbäuerinnen) converties en méga-plantations de monocultures exportées (soja, maïs, huile de palme, canne à sucre) pour l'agro-industrie. Le texte explicite le lien colonial : ce processus reproduit l'expropriation du 19e siècle, quand les puissances européennes annexaient les terres africaines les plus fertiles pour des plantations, détruisant les circuits alimentaires locaux.
Le document pointe un paradoxe frappant : les petits paysans produisent l'essentiel. Bien que possédant seulement 8% des terres cultivées, ils produisent estimé 70% de la nourriture mondiale. Environ 72% des exploitations agricoles sont inférieures à un hectare. Ces petites fermes sont plus productives par unité de surface et moins émettrices de carbone.
Le texte critique les fausses solutions gouvernementales et corporatistes : « Climate-Smart Agriculture », semences OGM résistantes à la sécheresse, géo-ingénierie. Ces approches pérennisent l'agriculture industrielle sous couvert écologique tout en élargissant les marchés des multinationales.
La solution proposée : redistribution des terres aux paysans et collectivités locales + transition vers l'agroécologie et méthodes durables. Cette démarche n'exige pas de technologies nouvelles, mais une récapitulation des pratiques antérieures à la révolution industrielle, éclairées par l'écologie. L'appel politique final promeut la souveraineté alimentaire (Ernährungssouveränität) comme cadre alternatif et réclame actions directes contre les corporations agroalimentaires majeures.
En clair
Les grandes fermes polluent énormément et détruisent les terres. Les petits paysans produisent mieux avec moins de ressources — ce qu'il faudrait c'est leur rendre les terres et passer à l'agriculture écologique locale, pas acheter de nouvelles technologies vertes des grandes entreprises. Ce texte aide à comprendre pourquoi l'agriculture industrielle est un problème politique et climatique majeur, et pourquoi certains réclament le retour de la ferme paysanne.
Extraits
L'agriculture industrielle s'approprie les terres des petits paysans et des petites paysannes (accaparement des terres). Transformées en mégaplantations, on y produit en monocultures pour le marché d'exportation mondial des biocarburants, des aliments pour animaux ou des ingrédients pour l'industrie agroalimentaire de transformation.
L'agroécologie, les méthodes agricoles durables et la souveraineté alimentaire se tiennent prêtes comme alternatives pour l'habilitation à l'auto-habilitation concernant l'agriculture.
Si l'agriculture doit vraiment être une partie de la solution de la crise climatique, nous devons remplacer le système agricole industriel globalisé par de petites exploitations agricoles locales.
Avec une redistribution des terres en faveur des petits paysans et des petites paysannes, incluant une conversion aux méthodes de culture écologiques, la fertilité des sols peut être rétablie de manière durable.
L'agriculture mondiale, industrielle et orientée vers l'exportation, telle que nous la connaissons aujourd'hui, est une continuation des principes coloniaux existants.
Quand les Européen·ne·s ont colonisé le continent africain au 19e siècle, les terres les plus fertiles ont été annexées, ce qu'on appelle aujourd'hui l'« accaparement des terres ».
Environ 72% des exploitations agricoles mondiales sont plus petites qu'un hectare. Ces petits paysans et petites paysannes ne possèdent au total que 8% des terres agricoles. Et pourtant, environ 70% des aliments de ce monde sont produits par ces mêmes petits paysans et petites paysannes au sud du Sahara en Afrique et en Asie.
L'une des solutions à la crise climatique et le chemin vers un approvisionnement alimentaire réel pour tous est le démantèlement des grands conglomérats agroindustriels et la restitution des terres aux petits paysans et aux petites paysannes.
Au fur et à mesure que le capitalisme s'est propagé dans presque tous les domaines, les méthodes de production agricole ont été façonnées par les règles du jeu du capitalisme. Ses principes fondamentaux reposent, on le sait, sur la concurrence, le profit et le prix.