FR Solidarity statement for the Peoples of the small Pacific islands
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2024-03-19 SCORE 6/10
Document original ↗Synopsis
Cette déclaration de La Via Campesina, expression du mouvement paysan mondial, témoigne de la solidarité d'un acteur majeur des luttes agraires avec les peuples des petites îles du Pacifique confrontés à une crise multidimensionnelle : climatique, alimentaire et politique. L'organisation situe clairement les racines du problème dans l'impérialisme économique et le capitalisme néolibéral, dénonçant non seulement les impacts directs du changement climatique (inondations, catastrophes), mais surtout les mécanismes structurels qui les aggravent : les réformes structurelles imposées par les puissances mondiales, le commerce libéralisé qui noie les marchés locaux d'aliments bon marché et malsains, et l'aide néocoloniale qui sape l'autodétermination et la souveraineté des États et peuples du Pacifique.
Un point central émerge : la destruction des systèmes alimentaires locaux. La Via Campesina observe que l'inondation de produits issus du commerce libéralisé crée des épidémies de maladies non transmissibles et détruit les capacités d'autonomie alimentaire. Cela touche directement à la thématique foncière et agraire, car la souveraineté alimentaire repose sur la capacité des paysanneries locales à cultiver, contrôler et distribuer leur propre alimentation — un enjeu de terre, d'accès et d'autodétermination.
La déclaration articule trois axes de lutte : souveraineté alimentaire, agroécologie et justice climatique, présentés comme solutions intégrées aux crises mondiales. L'agroécologie est comprise non comme simple technique agricole, mais comme approche systémique liée à la paysannerie et à la défense des systèmes alimentaires situés. La « lutte pour la terre » est explicitement énumérée aux côtés des luttes pour les droits indigènes, la migration, le ciel et la mer, et la capacité de « nourrir les familles ». Cette formulation situe la terre comme enjeu politique central pour les peuples autochtones du Pacifique.
L'angle autochtone est significatif mais peu développé. Le texte nomme expressément « vos luttes pour les droits des indigènes » comme dimension à part entière, ouvrant vers les concepts de souveraineté autochtone et de réappropriation foncière et territoriale. Cependant, la déclaration reste délibérément générale : elle ne détaille pas les mécanismes fonciers en jeu (statuts coutumiers vs. coloniaux, accaparement corporatiste, etc.), ni les formes d'organisation collective (communs fonciers, coopératives) susceptibles de reconstituer ces systèmes.
En clair
La Via Campesina dit : les petites îles du Pacifique sont écrasées par le commerce mondial qui détruit leur capacité à cultiver leur propre nourriture, et nous nous battrons pour que les paysannes et paysans locaux reprennent le contrôle de leurs terres et de ce qu'ils mangent. Ce texte montre que le mouvement paysan international reconnaît les luttes des peuples du Pacifique comme faisant partie des mêmes combats : contre l'impérialisme, pour la terre, pour manger local.
Extraits
La Via Campesina, le mouvement mondial des paysan.ne.s, exprimons notre profonde solidarité avec les Peuples des petites îles du Pacifique dans leur lutte pour la justice climatique et alimentaire.
Nous dénonçons l'impérialisme, l'aide néocoloniale et le commerce qui imposent des réformes structurelles aux États du Pacifique, sapant l'autodétermination et la souveraineté.
Nous nous noyons tous dans des épidémies de maladies non transmissibles lorsque nos systèmes alimentaires locaux sont inondés d'aliments bon marché et malsains issus du commerce libéralisé.
Ensemble, nous continuerons à lutter pour la souveraineté alimentaire, l'agroécologie et la justice climatique en tant que solutions aux multiples crises mondiales.