The Human Rights Situation in Haiti
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2024-03-27 SCORE 6/10
Document original ↗Synopsis
Ce document est une déclaration à l'ONU soumise par Centre Europe - tiers monde concernant la crise générale des droits humains en Haïti. Le cœur du texte porte sur les violences urbaines et les interventions étrangères, mais une section crucial (paragraphes 6-9) documente la situation rurale et paysanne.
Le texte expose un processus tripartite de dépossession foncière : (1) l'accaparement systématique de terres paysannes pour créer des zones franches industrielles et agricoles destinées à l'export ; (2) l'effondrement de la souveraineté alimentaire, Haïti étant forcé d'importer massivement ; (3) la destruction de la paysannerie locale par le dumping alimentaire. Les paysans qui résistent à cet accaparement sont arrêtés et torturés. Le document lie explicitement crise foncière, famine (4,4 millions de personnes en insécurité alimentaire aiguë en 2021) et exode rural.
La situation est contextualisée dans la longue histoire d'Haïti : depuis 1804 et l'abolition de l'esclavage, le pays a subi des interventions étrangères continues, notamment l'occupation américaine (1915-1934) et les régimes dictatoriaux (Duvalier, 1957-1986). Le texte dénonce le rôle du « Haiti Core Group » (États-Unis, Canada, France, Brésil, Espagne, Allemagne, UE, ONU, OAS) dans l'imposition d'un projet politique néocolonial : modification constitutionnelle, privatisation foncière pour les étrangers, appropriation des ressources naturelles. Les interventions internationales prétendument humanitaires ont échoué et parfois empiré la situation. Le document conclut qu'Haïti a besoin de solidarité internationale véritable et de protection des droits fonciers des communautés paysannes et rurales.
En clair
En Haïti, des paysans sont dépossédés de leurs terres pour créer des zones de production à l'export ; le pays devient dépendant des importations bon marché, ce qui tue l'agriculture locale et affame les paysans eux-mêmes. Ce texte montre comment l'accaparement foncier, la faim et la politique d'État sont liés.
Extraits
Les communautés paysannes font face à l'accaparement des terres agricoles pour créer des zones franches industrielles et agricoles
Les paysans sont arrêtés et torturés pour s'être opposés à ces projets, pour avoir vécu sur des terres qu'ils ont achetées, héritées ou occupées pendant des décennies.
Ces communautés souffrent de malnutrition, alors qu'elles ravitaillaient les villes en nourriture.
Les paysans sont de plus en plus forcés d'importer des produits alimentaires, 'bénéficiant' du dumping qui tue la production locale.
Selon les données de l'ONU, en 2021 'Environ 4,4 millions de personnes, soit près de 46 % de la population haïtienne, souffraient d'une insécurité alimentaire aiguë'
Les gouvernements successifs ont négligé les besoins et les demandes des communautés paysannes, qui sont privées des services les plus élémentaires.
Cette situation entraîne un exode rural sans précédent, augmentant la pauvreté dans les villes et alimentant la violence des gangs.
En 1804, suite à son succès militaire contre les forces coloniales françaises, Haïti a créé la première république noire indépendante du monde et a aboli l'esclavage.
Les initiatives du groupe incluent la modification de la Constitution du pays, sans aucun consensus national ou populaire, la réduction de la participation de la population aux affaires du pays, l'octroi aux puissances étrangères du droit de posséder légalement des terres en Haïti.
La République dominicaine est également impliquée dans ce processus d'expropriation des terres, qui contribue au déni du droit à l'autodétermination du peuple haïtien.