Bulletin Nyéléni n° 49 – Souveraineté alimentaire et agrobiodiversité
Nyéléni — documents finaux 2022-11-07 SCORE 9/10
Document original ↗Synopsis
Le bulletin Nyéléni n° 49 retrace l'émergence et la consolidation du concept de souveraineté alimentaire depuis sa formulation par La Via Campesina à la Conférence mondiale de l'alimentation de 1996. Le texte positionne la souveraineté alimentaire comme un paradigme alternatif aux systèmes agro-industriels mondialisés, fondé sur l'autonomie des paysans, des peuples autochtones et des petits producteurs alimentaires. Il établit un lien indissociable entre biodiversité agricole, paysannerie et agroécologie: la biodiversité n'est pas un accident naturel mais le résultat de millénaires d'interactions conscientes entre paysans et territoires. L'agroécologie paysanne est présentée non comme une simple technique, mais comme un mode de vie et une cosmovision where la terre est conçue comme une entité vivante en relation réciproque avec les humains (notion de 'Toprak Ana' / Terre-Mère). Le texte critique virulemment l'appropriation corporatiste et 'greenwashée' de l'agroécologie par les grandes entreprises et fonds d'investissement, qui menacent de remplacer les pratiques authentiquement paysannes. Il énonce les principes de la souveraineté alimentaire: respect des droits collectifs des paysans, renforcement des systèmes alimentaires locaux et ruraux-urbains, appui à une réforme agraire substantielle, et autodétermination des paysans et peuples autochtones. Le contrôle paysan des semences locales est érigé en fondement de toute souveraineté alimentaire véritable, car les petits producteurs alimentaires produisent la majorité de la biodiversité mondiale et de la nourriture globale.
En clair
Ce texte explique pourquoi les paysans doivent garder le contrôle de leurs semences et de leurs terres pour nourrir sainement leur peuple, au lieu de dépendre des grandes entreprises. Il montre comment les multinationales essaient de copier l'agroécologie paysanne pour continuer à les dominer, et pourquoi la vraie souveraineté alimentaire passe par l'autonomie locale et la terre collective, pas par le marché mondial.
Extraits
La Souveraineté Alimentaire s'est emparée de l'imagination des paysans, des petits exploitants agricoles familiaux, des pauvres en quête d'accès à la nourriture, des citadins, et des gens partout dans le monde
Nous devons défendre notre droit et notre possibilité de produire nos semences dans nos propres conditions et sur nos propres terres, autrement dit librement, et de préserver notre indépendance dans la production de notre propre nourriture
Selon de nombreuses visions du monde héritées, la nature, la Terre Mère, entretient une relation mutuelle de subsistance avec les humains en tant que famille, et nous n'en sommes pas séparés
Les petits producteurs alimentaires non seulement développent et maintiennent la majorité de la biodiversité de la planète, mais produisent aussi la majorité de la nourriture
L'autonomie alimentaire que permet l'agroécologie paysanne élimine le contrôle des marchés mondiaux et favorise l'auto-gestion collective
Avoir le contrôle de leurs propres semences locales, en tant que gens qui nourrissent le monde, constitue le fondement de la Souveraineté Alimentaire
L'agriculture agroécologique est l'instrument fondamental pour construire la Souveraineté Alimentaire et protéger la Terre Mère