Are Thai Peasants still Farmers? The Socioeconomic Transformation of Two Villages of Northeastern Thailand

HAL — paysannerie / agriculture vivrière 2026-10-04 SCORE 4/10

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Synopsis

Cet article d'anthropologie sociale de Bernard Formoso compare l'état économique et social de deux villages du Thaïlande du Nord-Est (Ban Amphawan et Ban Han, province de Khon Kaen) à 30 ans d'intervalle (1984-1986 vs. 2013-2014). La question centrale — « Les paysans thaïlandais sont-ils toujours fermiers ? » — pose une inquiétude majeure : quand l'agriculture n'est plus la base économique d'une communauté rurale, peut-on encore parler de paysannerie ?

L'étude s'inscrit dans un débat académique avec des chercheurs comme Andrew Walker et Charles Keyes, qui soutiennent que la paysannerie thaïlandaise s'est transformée profondément en trois décennies. Leurs thèses : (1) les revenus agricoles ne sont plus dominants ; (2) les petits exploitants ruraux ont une économie diversifiée, d'où le statut de « paysans de revenu moyen » ; (3) les paysans sont passés d'une quête d'autonomie face à l'État à un engagement pragmatique avec lui. Le Nord-Est thaïlandais est depuis les années 1960 le grand vivier migratoire du royaume. Faute de revenus agricoles suffisants, générations après générations, femmes et hommes ruraux se sont exilés à Bangkok pour le travail salarié. Entre 1985 et 2000, la région a perdu plus de 900 000 habitants nets.

Sur le plan empirique, Formoso collecte des données quantitatives systématiques : composition des ménages, niveaux d'éducation, sources de revenus agricoles et non-agricoles (salaires urbains, allocations, donations religieuses), endettement. Les deux villages offrent des cas contrastés : Ban Amphawan, village sub-urbain irrigué proche de Khon Kaen ; Ban Han, village pluvial reculé, moins intégré au marché. Implicitement, le texte pose une rupture historique majeure : la terre cesse d'être le fondement de la reproduction sociale paysanne. Mais ce diagnostic reste exclusivement socio-économique (incomes, occupational mobility), non foncier-politique. Pour une perspective critique de la paysannerie et des communs, ce travail décrit le symptôme (transformation de la paysannerie) mais non le diagnostic politique (propriété, accès, pouvoir sur la terre).

En clair

Ce texte montre que les paysans du Thaïlande travaillent de moins en moins dans les champs et gagnent leurs revenus ailleurs (en ville surtout). Mais il ne pose jamais la question : qui contrôle les terres quand les paysans partent ? Comment rester autonome alimentairement ? Comment s'organiser collectivement pour cultiver autrement ?

Extraits

La paysannerie thaïlandaise a connu des changements spectaculaires au cours des trois dernières décennies et les petits agriculteurs ont dans les années 2010 une économie plus diversifiée que dans les années 1980.

p. 3

La culture de subsistence est devenue une composante modeste de l'économie des ménages ruraux, et les revenus non agricoles sont désormais plus importants que l'agriculture pour un grand nombre de ménages ruraux.

p. 3

Le Nord-Est a connu une perte nette de population pendant des décennies, qui a été estimée par le Bureau national des statistiques à plus de 900 000 entre 1985 et 2000.

p. 4

Les paysans ne seraient plus pauvres. Ils seraient devenus des « paysans de classe moyenne », bien qu'ils confrontent une nouvelle forme de disparité économique.

p. 3
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