Pauta de reivindicações _ JORNADA DE LUTA DAS MULHERES DA ARTICULAÇÃO DESPEJO ZERO PARANÁ 2023
MST Brésil — biblioteca (WP REST API) 2023-03-17 SCORE 8/10
Document original ↗Synopsis
La 'Pauta de reivindicações' du 7 mars 2023 est un manifeste politique émis par les femmes de l'Articulation Despejo Zero du Paraná (Brésil), regroupant habitantes urbaines et rurales, autochtones et collectrices de matériaux recyclés. Le document croise explicitement trois axes majeurs : la lutte contre les violences de genre (féminicides, violences domestiques), le droit à un logement digne et la lutte contre les expulsions (despejos), et l'accès à la terre. Il s'ouvre sur un diagnostic sombre : en 2022, 18,6 millions de femmes brésiliennes ont subi une forme de violence de genre ; 15 millions d'habitations informelles au Brésil sont occupées par des femmes (60 % du total) ; Curitiba seule compte un déficit de 50 000 logements. Le texte articule de manière centrale la critique de la marchandisation du foncier et du logement avec une analyse genrée : les femmes sont les premières cheffes de famille dans les occupations, surexposées aux violences institutionnelles et informelles, et privées d'accès aux droits fondamentaux (santé, éducation, transport). Cependant, le document valorise le protagonisme des femmes dans les initiatives communautaires de résilience — cuisines solidaires, jardins communautaires (hortas), productions agroécologiques, crèches, espaces collectifs. Il dénonce le traitement des occupations comme 'questions de sécurité publique' (intervention police) plutôt que comme questions de politique sociale. Ses quatre piliers de revendications : (1) Despejo Zero avec suspension des expulsions ; (2) éducation humanisée et crèches ; (3) campagnes de prévention des violences coordonnées par les femmes ; (4) formation professionnelle et soutien aux initiatives coopératives. Le texte s'enracine dans la Constitution brésilienne (fonction sociale de la propriété, articles 5, 170, 182) et des instruments légaux (Statut des villes, ADPF 828, résolutions du CNJ). Cette plateforme articule libération des terres, communs urbains, féminisme agraire et critique de la propriété marchande.
En clair
Ce texte montre comment, au Brésil, les femmes pauvres des villes et des champs se battent ensemble pour avoir un toit stable et une terre où vivre, car sans cela elles subissent plus de violences. Il raconte aussi que ces femmes créent déjà leurs propres solutions : cuisines communes, jardins, coopératives — des choses qu'elles construisent ensemble pour s'entraider et survivre.
Extraits
Le logement digne et les questions de genre sont intimement liés.
l'appropriation de la terre et du logement par la marchandisation de ces ressources, qui aboutissent à une série de violations des droits de l'homme
Les femmes sont les principales affectées par les expulsions, car elles constituent la majorité des chefs de famille dans les occupations
La Fondation João Pinheiro reconnaît que le déficit de logements au Brésil est une question de genre, qui affecte principalement les femmes.
l'absence d'un projet municipal cohérent qui respecte effectivement ce que stipule la Constitution fédérale de 1988 sur la fonction sociale de la propriété
Les initiatives locales pour améliorer la vie de la communauté, comme les cuisines communautaires et solidaires, les boulangeries, les activités périscolaires pour les enfants, les crèches, l'attention à la santé, la construction d'espaces de loisirs communautaires, entre autres, sont menées par les femmes.
La production d'aliments agroécologiques à la campagne et l'organisation de jardins communautaires à la campagne et dans les villes bénéficient également du protagonisme et des mains fortes des femmes dans leur construction
Le manque d'accès au logement digne pousse également de nombreuses filles et femmes à se soumettre à une série de violences (y compris domestiques) faute d'autres alternatives.
Les politiques publiques de logement et de régularisation foncière qui donnent la priorité à la titularité de possession et de propriété de terrains, maisons et appartements au nom des femmes.
Sans des politiques publiques qui répondent aux véritables besoins de la population, la 'solution' offerte par le pouvoir public et la justice sont les expulsions