Manifesto em defesa dos territórios e soberania alimentar frente aos mercados da natureza

MST Brésil — biblioteca (WP REST API) 2025-10-30 SCORE 8/10

Document original ↗

Synopsis

Ce manifeste, signé par 55 organisations paysannes, indígènes, de pêcheurs et afrodescendants de 14 pays latino-américains et caribéens réunies à Guararema en juillet 2025, dénonce la marchandisation systématique de la nature et des territoires sous couvert de « solutions climatiques vertes ». Le document articule une critique radicale du « capitalisme de catastrophe » qui instrumentalise le climat pour légitimer l'accaparement des terres du Sud Global au profit des corporations du Nord et de leurs investisseurs. Trois mécanismes sont ciblés : (1) les marchés de compensation carbone (REDD+, plantations industrielles d'arbres) qui ont d'ores et déjà capturé plus de 9 millions d'hectares mondiaux ; (2) l'« agriculture de carbone », qui n'approprie plus les terres par achat direct mais par imposition contractuelle, permettant aux corporations (Bayer, Yara) de s'arroger le pouvoir décisionnel des agriculteurs et de vendre des semences transgéniques brevettées ; (3) la datafication des territoires et savoirs locaux, convertis par les oligopoles technologiques (Microsoft, Amazon, Google) en « nouvelles enclosures numériques ». Le manifeste relie ce système à un ordre colonial permanent fondé sur le racisme structurel, le patriarcat et la guerre, dans lequel le Nord global capte 70 % de la richesse mondiale tandis que le financiement climatique arrive sous forme de dette aux pays du Sud. En contrepoint, les signataires réaffirment le droit inaliénable des peuples à l'autodétermination, à la souveraineté alimentaire et au contrôle territorial, rejetant les stratégies de cooptation identitaire et la fragmentation des luttes collectives.

En clair

Ce manifeste dit que les solutions « vertes » pour le climat (panneaux solaires, REDD+, crédits carbone) approprient les terres des paysans et peuples indígènes du Sud pour enrichir les corporations du Nord. Les 55 organisations demandent le droit des peuples à contrôler leurs terres, cultiver sans impositions d'algorithmes ou contrats corporatifs, et manger ce qu'ils produisent.

Extraits

La terre, l'eau, les forêts, les semences, la biodiversité, les systèmes alimentaires et désormais aussi les données les concernant [...] sont converties en marchandises et actifs financiers

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Plus de 9 millions d'hectares dans le monde ont été capturés par des plantations industrielles d'arbres pour la séquestration du carbone, environ 2 millions d'hectares se trouvent en Amérique latine

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l'agriculture de carbone peut s'approprier les terres non pas tant directement par achat, mais par imposition contractuelle qui retire aux agriculteurs le pouvoir de décider comment cultiver

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Le complexe militaro-industriel est une partie structurelle de la crise sociale, climatique et écologique promue par le capitalisme de catastrophe

p. 1

représentants de 55 organisations paysannes, indigènes, de pêcheurs, d'afrodescendants, mouvements sociaux, collectifs territoriaux et activistes

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La techno-solution basée sur la métrique coloniale et corporative de quantification du carbone approfondit les échanges inégaux basés sur l'exploitation et l'expropriation de la nature et du travail dans le Sud Global

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