Nicoletta_la_credenza-44p-A5-livret.pdf
Infokiosques.net — Paysannerie & ruralité 2016-07-03 SCORE 5/10
Document original ↗Synopsis
Ce texte reproduit un entretien avec Nicoletta, militante de 70 ans, ancienne professeure de lettres classiques, engagée depuis trois décennies dans le mouvement No TAV contre la construction de la ligne TGV Lyon-Turin en Val Susa (Italie). Le document retrace les étapes majeures de cette lutte : l'opposition initiale (1990s), la création de la « Libre République de la Maddalena », campement et territoire autonome occupé du 22 mai au 27 juin 2011 par 2 500 personnes. Il documente aussi la répression croissante : 1 000 procès en cours contre les habitants, sabotages des installations de chantier, arrestations et emprisonnements sous procédure antiterroriste, amendes massives. La Credenza, bar-pizzeria de Bussoleno, y apparaît comme lieu d'élaboration politique collective et d'accueil des militants en fuite. Le texte expose la philosophie du mouvement : défense d'un territoire face à l'imposition d'une infrastructure d'État, pratique de la désobéissance civile et du refus des mesures restrictives, liens de fraternité avec l'écosystème local (châtaigniers séculaires, animaux). Nicoletta revendique sa défense du territoire comme un droit et un devoir de résistance, refusant l'assignation à résidence et la signature quotidienne imposées après la manifestation du 28 juin 2015 (5 000 personnes). Le texte soulève la question du rapport à la répression et des moyens collectifs d'y faire face, ainsi que les enjeux de comment financer une lutte condamnée à verser des centaines de milliers d'euros de dommages.
En clair
Ce texte montre comment des habitants ordinaires—une retraitée, des ouvriers, des jeunes—se sont organisés ensemble pour occuper un territoire et le défendre contre un projet de l'État. C'est utile pour comprendre comment construire de l'autonomie politique locale et tenir face à la répression, même quand on n'a pas de pouvoir institutionnel.
Extraits
La Credenza n'est pas un restaurant normal. C'est un restaurant, mais c'est aussi une association, un point de rencontre et d'accueil et c'est devenu un lieu d'élaboration politique.
Fraternité qui nous fait éprouver rage et peine face aux ouvriers qui chaque jour entrent la tête basse dans le tunnel exploratoire
Nous sommes nés libres, libres nous restons. Libres et égaux.
C'est cet esprit de fraternité qui nous a toujours soutenus, dans les jours et les nuits passés à défendre le territoire contre l'implantation du chantier du TAV
La marche du 28 juin de l'année dernière d'Exilles à Chiomonte [...] réaffirmer l'inépuisée volonté de libération