ORGANIC FARMING AT THE CENTER STAGE
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2014-04-01 SCORE 8/10
Document original ↗Synopsis
Ce document, issu du réseau La Via Campesina par son organisation membre PARAGOS aux Philippines, constitue un manuel pratique d'introduction à l'agriculture organique en Asie du Sud-Est. Il s'inscrit dans une critique frontale du modèle agro-industriel hérité de la Révolution Verte des années 1960, dont les auteurs documentent les impacts dévastateurs : dépendance croissante aux intrants chimiques coûteux, appauvrissement des sols, endettement massif des paysans (30 % du revenu brut aux créanciers, 42 % aux loyers/matériel, 18 % aux intrants chimiques, ne laissant que 10 % pour la survie familiale), et contribution majeure au changement climatique (33 % des émissions GES nationales). Le texte positionne l'agriculture organique non comme une romantisation du passé, mais comme stratégie politique et économique de résilience : réduction des coûts d'exploitation, amélioration de la qualité des sols, adaptation aux chocs climatiques, et restauration de l'autonomie paysanne. L'enjeu sous-jacent est la souveraineté alimentaire des Philippines, pays devenu importateur massif de riz (2,45 millions de tonnes) malgré l'importance culturelle et nutritionnelle du riz dans l'alimentation locale (41 % des calories, 31 % des protéines). PARAGOS et ses pairs au sein de La Via Campesina insistent : « la redistribution des terres seule ne résout pas les problèmes multidimensionnels des paysans ». C'est pourquoi les méthodes de production deviennent centrales. Le document reste pragmatique face aux controverses sur la viabilité économique de l'organique en régions tropicales, tout en argumentant qu'« aucune issue défavorable » n'existe à ce changement. Bien que moins théorique sur la propriété foncière que sur la technique agronomique, ce texte représente une parole paysanne organisée et transfrontalière confrontant les modèles exportés par les États du Nord avec la réalité locale des petites exploitations familiales.
En clair
Ce texte explique comment les petits paysans philippins sont appauvris par l'obligation d'acheter des engrais et pesticides très chers et toxiques, qui les endettent sans fin. L'agriculture biologique est proposée comme une voie pour cultiver sans ces intrants coûteux, retrouver la santé des sols, nourrir le pays localement et s'adapter aux tempêtes climatiques.
Extraits
la justice sociale et le droit du paysan à la terre ont été notre priorité absolue
La redistribution des terres seule ne résoudra pas les problèmes multiples auxquels font face les paysans.
Il est donc temps de placer l'agriculture biologique au premier plan.
À ce jour, près de 30 % des revenus bruts des paysans sont versés aux créanciers ou aux commerçants en remboursement de dettes, 42 % sont consacrés soit aux paiements de location de matériel agricole, soit aux paiements de bail, 18 % sont consacrés à l'acquisition d'intrants chimiques pour la prochaine saison agricole. Seuls 10 % restent aux paysans et à la survie de leurs familles jusqu'à la prochaine saison agricole.
les rizières du pays ne sont « plus productives » en raison de multiples carences nutritionnelles.
la promesse de l'agriculture conventionnelle moderne a échoué.
l'agriculture conventionnelle est l'un des plus grands contributeurs de gaz à effet de serre (GES) et compte pour plus de « 33 % des émissions totales de GES du pays »
la surutilisation ainsi que les coûts croissants des intrants agricoles à base de produits chimiques
Les systèmes de production agricole biologique sont moins sensibles aux conditions météorologiques extrêmes, au stress hydrique et aux problèmes liés à la qualité des sols
L'autosuffisance en riz a été un objectif de longue date du Gouvernement philippin depuis les années 1960. Cet objectif s'est cependant avéré plutôt insaisissable.