PT Open letter to SADC (2)

La Vía Campesina — publications (WP REST) 2024-09-09 SCORE 9/10

Document original ↗

Synopsis

Cette lettre ouverte collective de La Via Campesina dans la région d'Afrique Australe et Orientale adresse un appel politique au Comité Ministériel de la SADC sur l'alimentation, l'agriculture et les ressources naturelles. Elle fonde son intervention sur la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Paysans (UNDROP) et articule une critique systématique des modèles de développement agricole et environnemental en place. Le mouvement, représentant des millions de paysannes et paysans, petits agriculteurs, sans-terre, peuples indígenas et travailleurs ruraux, pose une équation centrale : les véritables réponses à la crise climatique doivent passer par l'agroécologie paysanne centrée sur les communautés, non par les modèles industriels et marchands.

Le texte démantèle ce qu'il nomme explicitement des « fausses solutions » au changement climatique (Agriculture Climato-Intelligente, marchés de carbone, géo-ingénierie), en montrant comment elles légitiment l'accaparement massif de terres (grilagem), éloignent les petits agriculteurs de la production alimentaire diversifiée vers des monocultures d'exportation, et enferment les paysans dans la dépendance à des intrants chimiques brevétés par des corporations multinationales.

L'intervention énumère une succession de crises qui structurent la vie paysanne en Afrique Australe et retardent la justice climatique : (1) les guerres en cours (RDC, Mozambique) qui déplacent massivement les paysans ; (2) les projets de conservation « nature-positive » qui expulsent des communautés rurales de réserves naturelles sous prétexte écologique, violant leurs droits au logement et à la terre ; (3) l'harmonisation des lois de semences qui crimininalise l'échange et la vente de semences paysannes et soumet les paysans aux brevets des multinationales ; (4) l'incomplétude des réformes agraires, qui persistent à favoriser les investissements étrangers (mines, agriculture contractuelle) au détriment de l'égalité d'accès à la terre ; (5) la dépendance structurelle des États africains vis-à-vis de l'aide externe et des institutions financières internationales, qui utilisent l'endettement comme levier pour imposer des politiques favorables aux corporations transnationales. Le document demande l'application immédiate et articulée de l'UNDROP et de la Déclaration de Maputo, avec un investissement budgétaire réel en faveur des systèmes paysans (les 10% du budget national jamais respectés), et refuse les partenariats public-privés qui détournent les ressources et sapent les politiques publiques. C'est un appel à recentrer les politiques africaines de développement et de climat autour des réalités et des droits des majorités paysannes.

En clair

Les paysans d'Afrique Austral disent à leurs gouvernants : nos terres nous sont prises au nom de la nature, des mines, des contrats agricoles, et on nous force à accepter des semences contrôlées par des multinationales. On vous demande d'appliquer vos propres lois (UNDROP) et de cesser de nous expulser. La vraie réponse à la crise climatique, c'est qu'on vous laisse cultiver notre terre comme on sait faire.

Extraits

nous faisons partie d'un mouvement paysan global, qui réunit des millions de paysans(nes), de petits(tes) agriculteurs(trices), de pêcheurs(euses), de peuples autochtones, de pasteurs(euses) et de nomades, de travailleurs(euses) ruraux migrants, de personnes en possession insécurisée de terre et de sans-terre

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L'agroécologie paysanne est la réponse pour savoir comment nous pouvons transformer et réparer notre système alimentaire et le monde rural, et elle est une solution essentielle face aux changements climatiques mondiaux

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Nous rejetons totalement les mécanismes basés sur le marché et autres fausses solutions, notamment l'Agriculture Intelligente face au Climat (CSA), les marchés du carbone, la géo-ingénierie

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ont vu leurs droits de produire des aliments et de jouir de leurs droits humains à cultiver leurs terres anéantis

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Ces projets (intitulés « nature-positive ») ont entraîné l'expulsion de communautés rurales à Ngorongoro et Mbarali, en Tanzanie, Virunga en RDC, dans des parties de Namaqualand au Cap-Septentrional et les communautés autour du Parc National Kruger

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L'Article 19 de la UNDROP garantit les droits des paysans(nes) et d'autres personnes travaillant en zones rurales de sauvegarder, utiliser, échanger et vendre leurs semences conservées à la ferme

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n'a pas encore atteint le niveau de réforme agraire totale. Ces pays opèrent encore dans le contexte de programmes qui ne donnent pas l'égalité à la majorité

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les créanciers mondiaux utilisent les dettes publiques de nos gouvernements comme levier pour les forcer à accepter et céder aux caprices de puissants gouvernements étrangers et de sociétés transnationales

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des fausses promesses aux populations locales et détruisent les communautés, leurs cultures, l'environnement, leurs moyens de subsistance et les systèmes alimentaires locaux

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