indigenas_soja_MT
MST Brésil — biblioteca (WP REST API) 2010-09-22 Pc SCORE 7/10
Document original ↗Synopsis
Ce rapport de juillet 2010 de l'ONG Repórter Brasil documente l'un des plus grands conflits fonciers contemporains au Brésil : l'expansion massive de la culture du soja dans le Mato Grosso (premier État producteur brésilien) et ses impacts directs sur 78 Terres Indígènes (TI) démarcées fédéralement. Le Mato Grosso, troisième État brésilien, accueille le plus grand nombre d'ethnies indígènes du pays et trois écosystèmes majeurs (Cerrado, forêts amazoniennes, Pantanal). Depuis les années 1970, sous dictature militaire, le gouvernement a promu l'expansion agro-industrielle : entre 2000 et 2010, la production de soja a explosé (de 8,8 millions à 18,2 millions de tonnes annuelles), accompagnée d'un desmatement dévastateur (175 000 km² d'Amazonie et 150 000 km² de Cerrado rasés, soit 35-42% des superficies originales).
Le rapport identifie plusieurs formes de conflits fonciers affectant au moins 30 TI situées en zones à forte production de soja. D'abord, les invasions directes et massives : la TI Maraiwatsede (Xavantes) voit la soja occuper illégalement ses terres, dominant les classements régionaux des amendes de déboisement. Ensuite, les invasions graduelles systématiques : en TI Sangradouro (Xavantes), les cultivateurs incorporent annuellement 10-20 hectares de terres indígènes. Troisièmement, les tentatives de légalisation via l'arrendamento (location de terrains) et les « partenariats » : certaines ethnies (Paresi, Irantxe, Nambikwara) ont signé des accords formels, suscitant débats juridiques sur leur légalité. Les Xavantes ont refusé les grands contrats, craignant l'exploitation, mais acceptent des compensations monétaires pour éviter les conflits majeurs.
L'impact écologique est devasta : contamination des rivières Sangradouro, Água Azul et Pindaíba par les pesticides (« couvertes de poissons morts »), détruisant chasse et pêche de subsistence ; dégradation des sols ; destruction des forêts riveraines ; brûlis causant maladies respiratoires ; imposition d'un paradigme capitaliste de consommation. Le soja, avec sa transgénie et monoculture, s'accompagne d'une charge lourde d'impacts écologiques et sanitaires, intensifiant le préjugé et racisme contre les indígènes.
Ce rapport révèle une tension fondamentale : les Terres Indígènes représentent un régime de propriété collective démarcée d'usufruit exclusif, fondé sur des droits coutumiers ancestraux reconnus par le droit fédéral brésilien. Cependant, ce régime collectif affronte une vague d'accaparement agro-industriel systématique, combinant invasion directe, location forcée et « partenariats » formellement consentis mais écologiquement et socialement destructeurs. Face à cette pression du complexe agro-exportateur, l'État brésilien offre une protection limitée.
En clair
Au Brésil, les grandes plantations de soja envahissent progressivement les terres que le gouvernement a reconnues comme propriété collective des peuples indígènes, en polluant leurs rivières et forçant des compromis désavantageux. Ce rapport documente comment une agriculture industrielle exportatrice colonise un régime de propriété collective, avec peu de protection de l'État.
Extraits
Das 78 Terras Indígenas (TIs) listadas pela Fundação Nacional do Índio (Funai), ao menos 30 ficam em municípios com mais de 10 mil hectares de soja
o estado do Mato Grosso é o maior produtor de soja do Brasil, sendo esta atividade uma das principais causas do desmatamento no Cerrado e da degradação ambiental nas cabeceiras dos rios que drenam as terras indígenas, colocando em risco a segurança alimentar, a cultura e a vida física e espiritual das comunidades indígenas
os sojicultores, além de incorporarem anualmente pequenas parcelas de 10 a 20 hectares de terras indígenas às suas áreas, fizeram várias tentativas de acordar arrendamentos de parcelas maiores de terra indígena
A última tentativa de arrendamento ocorreu em 2009, mas no final os Xavantes recuaram. Eles não são grandes agricultores, e têm muito medo de serem explorados
Nas primeiras chuvas do ano, o veneno utilizado pelos sojeiros tem contaminado rios como Sangradouro, Água Azul e Pindaíba, que chegam a ficar cobertos de peixes mortos
Há uma área que está em litígio. Lá os fazendeiros plantam soja, e acabam pagando um dinheiro aos indígenas por isso, que aceitam para evitar maiores conflitos
Outras etnias, como os Paresi, Irantxe e Nambikwara, optaram por fazer parcerias com grandes fazendeiros, o que tem suscitado uma complexa discussão jurídica sobre a legalidade dos acordos
TI – Terra Indígena, área de União demarcada para usufruto exclusivo de comunidades indígenas