Système coutumier de tenure des terres et lutte contre la désertification en milieu rural au Burkina Faso
discovery_promoted 2007-07-18 SCORE 8/10
Document original ↗Synopsis
Cette étude empirique, menée par deux chercheurs de l'INERA au Burkina Faso auprès de 240 ménages répartis dans six villages (plateau central et zone ouest), interroge le rôle du système foncier coutumier comme obstacle au développement agricole et à l'adoption de techniques de lutte contre la désertification. Contre le dogme économiste dominant, les auteurs Ouédraogo et Sorgho Millogo défendent la flexibilité et l'adaptabilité des régimes coutumiers. Leur résultat clé : le statut foncier (héritage, don, prêt long ou court terme, achat) ne constitue plus un frein aux investissements agricoles long terme. Parmi les techniques testées (cordons pierreux, zaï, demi-lune, bandes enherbées, paillage, épandage de fumier, haie vive), seule la plantation d'arbres demeure refusée par les possesseurs terriens. Le texte intervient dans une controverse académique majeure : faut-il accélérer la privatisation des terres (pour stimuler l'investissement) ou suivre une adaptation progressive des régimes coutumiers ? En situant le changement foncier dans son contexte matériel (pression démographique, dégradation environnementale, monétarisation, action des ONG), les auteurs contestent l'inévitabilité de la privatisation comme condition du développement agricole. C'est une contribution importante aux études du foncier coutumier africain, montrant que la tenure communautaire ne doit pas être réduite à un archétype figé d'inefficacité.
En clair
Au Burkina Faso, les paysans investissent déjà dans l'amélioration des terres même quand ces terres restent sous règles coutumières communes — ça détruit l'argument que seule la propriété privée stimule l'investissement. Ce texte peut servir à démonter le dogme politique : « il faut privatiser rapidement la terre pour le développement agricole ».
Extraits
Le statut foncier (héritage, don, prêt à long terme, prêt à court terme et achat des terres) ne constitue plus un frein à des investissements agraires sur le long terme.
Le débat est ouvert entre les partisans d'une privatisation rapide, susceptible d'accélérer l'investissement, et ceux qui pensent qu'il faut se contenter de suivre une tendance naturelle progressive vers cette privatisation.
Boutillier (1964) écrivait déjà que, dans « le droit foncier voltaïque, droit collectif et droit individuel s'enchevêtrent »
seule la plantation d'arbres semble encore ne pas être acceptée par les possesseurs terriens.
le système foncier coutumier constitue une contrainte majeure à la modernisation de l'agriculture