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La Vía Campesina — publications (WP REST) 2018-06-13 SCORE 9/10

Document original ↗

Synopsis

Cette lettre ouverte de La Via Campesina, adressée aux gouvernements de la SADC et de l'EAC, formule une critique systémique de l'ordre climatique et alimentaire mondial depuis la perspective des paysans du Sud. Le mouvement paysan y dénonce l'absence de participation réelle des producteurs agricoles de petite échelle aux processus de décision climatique, malgré qu'ils soient les plus directement impactés par le changement climatique en Afrique de l'Est et australe. La Via Campesina articule une critique radicale des « fausses solutions » climatiques — agriculture climatique intelligente (CSA), REDD+, Blue Carbon, géoingénierie — qu'elle analyse comme des mécanismes de marché accélérant la marchandisation de la nature et l'appauvrissement paysan. En contrepoint, le texte propose l'agroécologie paysanne, enracinée dans la souveraineté alimentaire, comme réponse politique et technique intégrée : la capacité des communautés à nourrir elles-mêmes leurs familles en dehors des dépendances aux multinationales et aux intrants corporatifs. Les enjeux fonciers occupent une place centrale : accaparement des terres par les investisseurs étrangers, agriculture contractuelle, réformes agraires inachevées en Afrique, criminalisation de la paysannerie. Le texte dénonce notamment les harmonisations de lois sur les semences qui interdisent aux paysans d'échanger et de conserver leurs propres variétés traditionnelles et indigènes. La lettre souligne le rôle éminent des femmes paysannes et urbaines dans ces luttes, particulièrement affectées par les déplacements forcés et l'exploitation. La tension majeure ici expose un conflit entre une gouvernance climatique mondiale centralisée et opaque, captée par les puissances du Nord et les multinationales, et une démocratisation réelle des budgets publics au service des producteurs alimentaires locaux et des organisations paysannes.

En clair

La Via Campesina dit aux gouvernements africains : la vraie solution au changement climatique, c'est nous laisser cultiver nos terres avec nos propres semences, sans être forcés d'acheter aux multinationales. Le vrai problème, c'est qu'on nous chasse de nos terres pour y faire de gros business, et qu'on nous interdit même de cultiver et d'échanger nos semences.

Extraits

Food sovereignty is a key form of resistance to an economic system that puts profit before life.

p. 1

Peasant agroecology is the answer to how to transform and repair our food system and rural world, and is a core solution to global climate change.

p. 1

We totally reject market-based mechanisms, and false solutions including Climate Smart Agriculture (CSA), REDD+, Blue Carbon, and geoengineering, among others.

p. 1

they allocate huge amounts of arable land to big investors (including mining conglomerates), who consistently make false promises to local populations, destroying communities, culture, environment, livelihoods, and local food systems

p. 2

This includes the growing trend of land-grabbing through contract farming.

p. 2

Fundamental to the ongoing process of criminalization of the peasant way of life is the persecution of human rights defenders including those of us who give our lives to defend the interests of peasant peoples

p. 3

We remain concerned with the current efforts to harmonize seed laws that make it illegal for peasant farmers to exchange, sell and in some cases even save their own traditional and indigenous seeds.

p. 3

Application must democratically distribute sufficient and appropriate resources towards peasant production systems, rather than towards government sector agencies

p. 2

Therefore local organizations must be part and parcel of identifying and address

p. 3
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