Highland Land War

The Anarchist Library — OPDS (new releases) 2022 xdvipdfmx (20210318) SCORE 8/10

Document original ↗

Synopsis

Cet article de Stephen Cullen (février 1992) analyse la Highland Land War (1882-1886+), un mouvement majeur de lutte foncière en Écosse qui oppose les crofters (petits fermiers) et cottars (ouvriers agricoles) aux propriétaires terriens des Highlands et des îles. Le texte contextualise ces luttes dans l'héritage des Clearances, expulsions massives du 16e au 19e siècle qui ont dépossédé systématiquement les communautés paysannes pour favoriser l'élevage ovin, puis l'établissement de forêts de cerfs destinées aux loisirs de la bourgeoisie montante. Les conditions de vie sont extrêmes : crofters et cottars vivent sans droits légaux de tenure, sans protection contre les augmentations arbitraires de rente, sans sécurité face aux expulsions. Leurs terres sont réduites (1-4 acres par crofter), leur agriculture vivrière (potatoes, petit bétail) ne peut subsister que par la pêche précaire. Le texte souligne la persistance d'une conception communale antérieure selon laquelle la terre appartient à la communauté, non à un propriétaire. La mobilisation s'exprime par des grèves de rente (Braes rent strike de 1882), des occupations (land raids), des actions directes (deer killings), appuyées par une diaspora politisée organisée via la Federation of Celtic Societies. Le leader John Murdoch, connecté à la Land League irlandaise, joue un rôle catalyseur. Le Crofters' Act de 1886 accorde certains droits aux crofters (tenure, rente régulée) mais échoue à résoudre le problème des cottars, les plus marginalisés, qui restent sans terre et sans protection. Le texte critique aussi l'impasse parlementaire : les Crofter MPs, élus sur le mouvement populaire, sont absorbés dans la machine politique libérale sans opérer de redistribution foncière réelle. Un siècle après (années 1990), les structures de propriété demeurent inchangées, et les occupants sans-terre sont encore criminalisés. Ce cas écossais illustre les tensions entre réforme partielle et redistribution radicale, entre sécurité de tenure et propriété collective, et entre action directe et institutionnalisation.

En clair

En Écosse au 19e siècle, les paysans pauvres se sont battus contre les propriétaires riches pour garder ou récupérer les terres où ils cultivaient, par des grèves de rente et des occupations. Une loi de 1886 a donné quelques droits aux petits fermiers, mais a laissé les plus pauvres (sans-terre) sans aucune protection.

Extraits

La terre elle-même était considérée comme la propriété de la communauté dans son ensemble, non comme la propriété d'un seul homme. Cette conception du régime des terres communales signifiait que les Clearances étaient considérées comme un acte illégal

p. 2

La guerre des Highlands pour la terre vit la mobilisation de la communauté lors de grèves des loyers, d'occupations de terres et de massacres de cerfs.

p. 1

Les loyers des métayers étaient généralement augmentés uniquement pour fournir un prétexte à l'expulsion, que ce soit dans le cadre d'une tentative générale de dégager plus de terres ou comme exercice punitif de discipline envers les locataires

p. 2

le métayer est un petit agriculteur qui peut vivre en partie des salaires du travail, le cottager est un ouvrier agricole qui peut avoir une part du sol

p. 2

une part substantielle de cette communauté, les cottagers, ont été laissés insatisfaits par la Loi de 1886. La lutte des cottagers portait sur la terre elle-même

p. 1

Il n'existait aucune protection légale contre les hausses excessives de loyer, et les crofters ne bénéficiaient d'aucune sécurité d'occupation.

p. 2

là où les moutons avaient autrefois remplacé les gens, les cerfs ont remplacé les moutons, et davantage de gens. Les premières années de la décennie ont connu une augmentation dramatique de la saisie des pâturages et une augmentation du nombre d'augmentations de loyers et d'expulsions

p. 3

En février 1882, les métayers de cette région ont commencé la grève des loyers du Braes et ont réclamé le retour des terres de pâturage auxquelles ils avaient précédemment eu accès

p. 3

l'ensemble de la communauté souffrait du manque de terres et du surpeuplement.

p. 1

Les anciens combattants sans terres étaient, à la fin des années 1940, toujours emprisonnés pour saisie de terres; tandis que les modèles de propriété dans les années 1990 ont peu changé par rapport à ceux des années 1880

p. 1
Version interactive ↗ Fiches proches · BibTeX · partage par citation