Let Us Feed the World
Archive.org — peasant movements 2022-10-28 Adobe PDF Library 15.0 SCORE 8/10
Document original ↗Synopsis
Ce document est l'introduction d'un livre illustré intitulé « Let us Feed the World », produit par La Via Campesina en 2022 avec l'artiste Annelise Verdier. Il formule un diagnostic radical du système alimentaire mondial et esquisse une vision d'alternative reposant sur la souveraineté alimentaire et l'autonomie paysanne.
Le texte dénonce d'abord les violations systématiques perpétrées par les corporations transnationales dans le secteur agricole : expulsions forcées de populations, appropriation des terres, contrôle des semences et du patrimoine agricole paysan, imposition de réformes favorables aux intérêts corporatifs. Ces violations bénéficient d'une impunité généralisée, faute de cadre juridique international contraignant. Face à cela, le document souligne une résistance organisée menée par les paysans, pêcheurs, migrants et peuples autochtones, qui ont exposé les crimes corporatifs et mené des luttes. Cependant, cette résistance demeure fragmentée. Le texte dénonce également une stratégie de « greenwashing » : les mêmes corporations qui dévastent les terres cherchent à légitimer leur action en occupant les espaces de gouvernance internationale (ONU et ses organes), avec l'assentiment des plus hauts responsables.
Le cœur du propos énonce la vision de La Via Campesina : la « food sovereignty » (souveraineté alimentaire). Cette vision place les communautés locales et les paysans comme acteurs principaux de la lutte contre la pauvreté et la faim. Elle repose sur plusieurs principes fondamentaux : autonomie locale et droit d'utiliser les ressources propres; demande explicite de réforme agraire; défense des droits collectifs sur les semences; droit à une nourriture saine et nutritive; encouragement de cycles de production agroécologiques respectant les diversités climatiques et culturelles; protection des droits de tous les acteurs de la chaîne alimentaire (paysans, travailleurs salariés, migrants, peuples autochtones).
Le texte affirme que la justice sociale, la justice de genre et les économies solidaires sont des conditions préalables à la réalisation de cette souveraineté alimentaire. Il formule également une critique incisive du système alimentaire industriel : exploitation du travail bon marché, compétition destructrice pour le profit, élévation des prix alimentaires mondiaux, dégradation des sols, destruction de la biodiversité, émissions de gaz à effet de serre à niveaux « criminels », tentatives de privatisation et de brevetage des semences locales.
Enfin, La Via Campesina appelle à un traité international juridiquement contraignant, cohérent avec la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et autres personnes travaillant en milieu rural. Cet instrument viserait à freiner le contrôle corporatif et son influence indue sur les systèmes alimentaires mondiaux. Le document propose donc moins une analyse approfondie qu'une déclaration programmatique : il énonce les principes d'une alternative au système dominant et identifie les obstacles institutionnels et économiques à sa réalisation.
En clair
Ce texte explique que les grandes corporations contrôlent nos terres et notre nourriture, ce qui n'est pas juste. Des paysans du monde entier s'organisent pour reprendre le contrôle : ils demandent que les communautés locales décident elles-mêmes de ce qu'elles mangent et comment elles cultivent, et que des lois internationales les protègent contre les expulsions.