Les communaux en Europe occidentale: approche historique

HAL — communs fonciers SCORE 8/10

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Synopsis

Cet article retrace l'histoire des communaux — régimes collectifs de propriété ou de jouissance des terres en Europe occidentale — du milieu du XVIIIe siècle jusqu'aux débuts de la Révolution française. Vivier expose d'abord que contrairement à une idée reçue, les communaux n'étaient pas des espaces d'accès libre et sans règles, mais des biens régis par des normes précises de gestion collective. Une définition du XVIIIe siècle les décrit comme un « patrimoine inaliénable et perpétuel des habitants », en jouissance indivise. L'autrice documente la diversité des régimes européens : certains attribuaient la propriété éminente au seigneur qui concédait la jouissance aux vassaux (Bretagne, Prusse, Angleterre) ; d'autres reconnaissaient la propriété collective à la communauté paroissiale entière, gérée en assemblée (Nord de la France, Italie du Nord, baldios ibériques) ; la plupart réservaient l'accès à une portion des habitants (citoyens de droit en Suisse et Allemagne du Sud, familles originaires en Lombardie, propriétaires en Auvergne). Ces terres servaient au pâturage, à la récolte de bois, de tourbe et de produits de cueillette, sous une gestion qui assurait un équilibre entre besoins humains et préservation des ressources — une « gestion durable » avant la lettre. Malgré ces règles bien établies, les communaux étaient source de conflits permanents autour de la propriété et des droits d'usage, particulièrement entre seigneurs et habitants. À partir de la fin du XVIIIe siècle, ces régimes collectifs font face à une critique systématique. Les agronomes français, influencés par le modèle anglais du Norfolk, considèrent les usages collectifs (communaux et vaine pâture) comme des obstacles à la modernisation agricole. Les philosophes et économistes — physiocrates, caméralistes, ilustrados — triomphent avec une idéologie de liberté économique, que Marc Bloch qualifie d'« individualisme agraire » par opposition au « communisme agraire » ancien. Sous Louis XV, le gouvernement encourage le partage et la clôture des communaux, bien que le projet initial de 1750-1770 entendît maintenir la propriété communautaire en distribuant l'usufruit par ménage en jouissance viagère, pour éviter l'exode rural des pauvres. Parallèlement, les juristes visent à moderniser le droit en supprimant les biens de mainmorte, qui échappent au marché foncier : seules deux catégories doivent subsister, biens privés et biens domaniaux.

En clair

Une histoire des communaux — ces terres que les villages géraient ensemble — en Europe occidentale du XVIIIe au XXe siècle. Pour comprendre comment les enclosures ont détruit ces communs historiques et ce qui en reste aujourd'hui.

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